‹ Poésies, 1890-1896Chapitre 46 sur 81 · ECHOS FORESTIERS · texte numérisé non relu

ECHOS FORESTIERS

kA Léonce 'Benedite.

.L'AXS ma vieille forêt, au canton des fougères, Sur un chêne tombé je m'arrête souvent; Le regard se complaît à ces frondes légères Dont la pâle verdure oscille au moindre vent.

Sous le grand éventail dentelé de leurs palmes, S'abritent des soleils le cerf et le chevreuil, Dans le creux des ravins, si profondément calmes Qu'on entend crisser l'arbre où grimpe un écureuil.

Il8 CHANSONS DES NIDS ET DES BERCEAUX

Ces beaux arbres touffus plantés par nos ancêtres, Aux deux pentes du val jusqu'en haut s'étageant, Ont trois siècles au moins, groupes de larges hêtres Aux longs fûts d'un seul jet gris de perle ou d'argent.

Un ruisselet jaseur sous les buissons de mûres Étonne un loriot caché dans les taillis, Qui, bercé dans son nid, aux fourches des ramures, Répond en voix de flûte à son clair gazouillis.

Et mon cœur se ravive à de fraîches pensées Lorsque, de loin, je vois discrètement venir Un couple de vingt ans, les mains entrelacées, Rêvant d'un amour pur qui ne doit pas finir.

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