JOURS FUTURS 14I
LE POETE
Moi, d'un souffle brutal je n'éteins pas un rêve. Malgré les faux savants et tous les beaux esprits, Le sauvage adorant le soleil qui se lève En devine plus qu'eux sans avoir rien appris.
COTES DE SAIXTONGE
^4 Etienne Unis.
v> omme un orgue lointain sur une immense grève, Bruit du flot qui recouvre un lit de sable fin, Et toujours recommence et jamais ne s'achève, La mer, la vaste mer se déroulait sans fin.
Sur les dunes épars, de grands pins maritimes Dans le rythme des flots murmurants s'accordaient Aux souffles du matin, en secouant leurs cimes, Et comme à l'unisson gravement répondaient.
Sur l'Océan d'azur, où passait un navire, Sans crainte aventurés, des papillons volaient Comme un vrai tourbillon de neige. Ils semblaient dire Aux marins du pays, qui sous bon vent filaient :
« Lorsque s'achèvera votre course lointaine,
Nous ne salûrons pas votre joyeux retour,
Car, livrant aux hasards notre vie incertaine,
Nous durons peu d'instants, comme les fleurs d'un jour.
A l'horizon des flots, noyant ses voiles hautes, Quand le vaisseau parti lentement s'effaçait, Le croisant dans sa route en approchant des côtes, Un autre grand navire au large apparaissait.
Après un long voyage aux mers orientales, Les hommes revenaient, las d'avoir navigué, Mais la fièvre d'amour pour les grèves natales Verse un baume divin dans le corps fatigué.
Ils avaient aperçu le clocher de Marennes, Dont la flèche en plein ciel des eaux semblait jaillir, Et dans le chaud parfum des plantes riveraines Les plus robustes cœurs se sentaient défaillir.
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