‹ Poésies, 1890-1896Chapitre 67 sur 81 · A SULLY PRUDHOMME · texte numérisé non relu

A SULLY PRUDHOMME

La grive, le matin, le trouvait dans ses vignes, L'alouette gauloise aux terres de labour, Et les beaux merles noirs qui reluquaient ses guignes, L'apercevaient encore aux derniers feux du jour.

Il n'eut pas la douleur de clore la paupière Des êtres qu'il avait éperdument aimés Et de les voir un jour froidement inhumés, Cousus dans un linceul, cloués dans une bière.

Ce fut un homme heureux jusqu'au dernier moment. Un soir de fête, étant presque sexagénaire, Comme il s'était couché plus tard qu'à l'ordinaire, Il trépassa de nuit, comme en songe, en dormant.

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