‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 18 sur 74 · SENSATIONS D'OCTOBRE · texte numérisé non relu

SENSATIONS D'OCTOBRE

Octobre nonchalant cueille ait bord des chemins Les roses que rouilla la première gelée

Puis il prodigue les raisins.

Les marrons rebondb et les noix ccalces.

Des odeurs de sapins descendent des forêts Réjouir les vieillards accoudes aux fenôtrcs Et la douceur de l'air est telle qu*on croirait Que tout un printemps va renaître.

Dans le verger, mes frcres les arbres me tendent

Mille pommes vermeilles.

Le vent d'ouest qui a \u la mer glauque et les landes

Bourdonne à mon oreille, Et l'on dirait un vol d*abcillcs Exile du pays où poussent les légendes.

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CAUPAGRfi PREMIÈRB

Je vais — les paysans assis devant leurs portes

Vantent la vendange dernière, Des chariots geignards grognent dans les orni&res. J'ccoule, sous mes pas, crîer les feuilles morles.

Je vais — un ru me guide et me conduit au bois

Et le doux bruit de l'eau Qui bouillonne en fusant à travers les roseaux Me fait sourire et pleurer à la fois.

Le ru se perd dans les ronces, laissant Une mare aux cressons ou sautent les rainettes, Le bois tout défaillant m'appelle... je m'arrête Pour ctreindre le tronc d'un bouleau frémissant.

Le soir naît et grandit, solennel, Thorizon Où roulent lourdement de confuses fumées S'éteint parmi les ors mourants de la saison, Vénus monte et scintille au-dessus des futaies, Puis la nuit^ dans l'azur, souflle ses visions.

Vie en grand calme et méditation, Solitude sacrée où les gens de la ville ,

Bâilleraient leur ennui — S'imprégner de silence et s'en aller tranquille

En mangeant quelque fruit.

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