‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 17 sur 74 · ALLÉGORIE · texte numérisé non relu

ALLÉGORIE

Dans Tavenue en or où s'cflcuillcnt les ormes, L'Automne au front paré de pampres rougissants Enveloppe de soir bleuâtre les passants Qui errent inquiets sur la colline morne.

Sans courber les gazons elle glisse, sa traîne Soulève des parfums de fêtes oubliées :

Celui-ci se souvient de gerbes délices Celui-là d'un avril qui semait des poèmes — Et tous deux en pleurant accusent leur fortune.

Mais douce, caressant leurs yeux selon la lune Fluide balancée au rythme des feuillures, L'automne d'un baiser les apaise et murmure : a Je guérirai ce soir vos âmes d'amertume.

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Taî qui portes l'clo dans tes regards, peut- cire Tu redoutes Décembre oblique cl ses frimas P Voici la mandrngoie <fclosc en des cl i mats Ou r^gnc lo soleil fixe <jua tu souhaites.

Toi que le renouveau tient soupirant, regarde : Je le donne a jamais Thyacinlbe immorlcllc Qu'un Iiomicidc Kros eUlciira de son aile Pour cdlc qui mourut au rocher de Lcucadc. n

Elle dit, cl deux fleurs que le soir \H de feu Jaillissent de ses doigts vers ceuï qu'elle protège : L'une, on diraU du sang fumant sur de la neige El Tautrc, où se retîelc un astre radieux, Une goutte de laît pour Ja Louclic d'un dieu.

El les passants, levant ces cortylles royales Dont la fraîcheur calme la fièvre de leurs niai.is. Contemplent^ souriante en Tombrc du chemin, L'Automne qui s'enfuit sous hs froides étoiles.

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