‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 28 sur 74 · AUBE MOUILLÉE · texte numérisé non relu

AUBE MOUILLÉE

Il a plu toute la nuit :

Les moissons penchées

Frémissent à petit bruit Dans une buée.

L'orient s*empourprc un peu Puis s*enflamme, les nuages Semblent, parmi le ciel bleu.

Des aigles au blanc plumage.

Sous les feuillages luisants.

On entend tinter des gouttes, Des flaques d*or et d'argent Parsèment la route.

Le jacassement des pies

Dans les cerisiers Se mûlc à la mélodie

Des fleurs du verger.

Y'\''. 104 LtMllRBS TRANQUILLES

'\f , Les abeilles affairées

Autour des trèfles bourdonnent, * Les gouttières engorgées

Chantent un chant monotone.

Ce gai matin chuchoteur Me ravit et me pénètre :

Pour en goûter la douceur Je m'accoude à ma fenêtre.

Je suis, d*un œil curieux, Quelque oiseau qui passe Ou qui s'élance et s*efface Dans l'azur en feu.

Guillaume aiguise sa faux Qui miroite par- éclairs, George élague des bouleaux Moi j'écris ces vers.

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