‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 27 sur 74 · CHANSON POUR ISIS · texte numérisé non relu

CHANSON POUR ISIS

Par le matin d'azur et de douccurj Ihh s'éveille au sommet des toUiïies :

Sa chevelure est un bois plein du Heurs Et sur son front Taurore se dcssmc ; Pour eialter sa grice sou vcî aine, Clia nions la ciel qui r^gnc dans ses yeux Et, pour parer ses autels radieu:t.

Tressons la sauge avec la marjolaine,

Isis sG jûue aux moires des ruisseauj^^ Elle s'enfuît, rieuse, sous les saules, Le \cnt palpite autour de ses épaules Et son haleine agi Le les bouleaux; Mère Indulgente à la faiblesse liumainc.

Pour le sommeil du voyageur lasse Elle épaissit la mousse au pied des chênes ; Elle répand les mauves dans les blés — Tressons la sauge avec la marjolaine.

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100 LUUlèRBS TRANQUILLBS

Pour le poMc épris de sa beau le.

Elle a des mois ardents cl des caresses, Ceux qu'elle allire en son gouiïre étoile Ne veulent plus savoir d'autres ivresses ; L'ombre, à sa voix, s'improgne de lumière, ' • r' * L'air est plus vif, Teau qui coule est plus pure,

L'océan gronde et les arbres murmurent El des frissons d'or courent sur la terre ; Et le rêveur que la déesse entraîne Entend soudain la musique des sphères — }, Tressons la sauge avec la marjolaine.

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SE DISPEnSEll

Parfois, une heure avant que le soleil se lève, ly

Mi- réveille, les yeux tout embrumes de rôve> ïj

Je longo la rivière où jasent des roscaui.

L'aurore au front naeré se mire dan:i les eaux

Qui glissent, sans un pli, jusqu'au]^ loinUîns d'opale.

Des saules inclinés laissent leurs tcuillcs pAlcs

Effleurer, en tremblant, la rive vaporeuse,

Des lierres, dont les bras enlacent des yeuses^

Luisent dans le brouillard qui drape son linceul j -]

Des souffles odorants émanent des Ullculs - f^

Et le bruit frais que font les jeunes peupliers ,V^

S'cleint sous les ormeaux encore ensommeillés.

Ce calme, ce ciel clair où Taurorc naissante Monte et s'épanouit comme une imiiïcnsc rose, Ces parfums assoupis, cette brise indolente, Pareille aux batlemenls d'une paupière close. Cette eau qui coule à peine et ces arbres qui chaalent Envahissent mon âme et la môlent aux choses.

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LTJHIÈRBS TRAMQUILLBS

Brin d^licrbc qui descend la rivière tranquille, J'afîranlcral bientôt les remous d'une écluse, Ftcur d'iris que velouté une clc:rt6 diffuse, Je m'cnlr*ouvre parmi les roseaux immobiles, Fr^ne svcllCj plein d'ombre et de nids pépiants, Je livre ma ramure aux étreintes du vent, Enfin, hymne élanco de Tonde aux flots vermeils, Je me perdrai dans l'or glorieux du soleil.

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