HYMNE AUX ARBRES
A Armand RASSiirossc.
Louons les arbres d*être beaux et de bruire Si doucement dans les vergers et dans les bois : Rameaux éoliens où le ramier soupire, Branches frôlant les tuiles brunes des vieux toits» Célébrons-les tous à la fois.
Il est des pommiers retombants Dont le feuillage fait comme un^feu d'arliGccs, Il est des peupliers inquiets qui frémissent
Au plus léger souffle du vent.
Parmi les rocs, les pins sévères Epandcnt un grave murmure, Les saules gracieux trempent dans les rivières Leur ondoyante clievelurc.
RYUKB AUX ABfiftES 133
Les acacias des jardins Balanccnl au soleil leurs grappes embaumées, Les ormes bienveillants ^ui bordent les chemins Tendent leurs bras velus de mousses vclauLécs.
Les bouleaux ont des robes d^argcnt où Taurorc A laissé le reflet de sa face rieuse, Les tilleuls chuchoteurs Iremblcnt, les sycomores Sont pleins d*ombrcs m) sLltîcliscs»
Les hêtres frissonnants s'entrelacent, les frênes
Semblent flamber au crépuscule^ Quand la nuit monte, un grand rive circule Dans la frondaison pensive des chênes.
Aimons les arbres qui nou:^. aîmcnï, I Unissons notre voix à leur voix fia tern elle, Répétons avec eux les slropbes d'un poème Où chantera la vie universelle.
Que le rjthmc profond des forôls nous enlève, Que toute essence nous accucîne, Que notre cœur batte selon les sèves^ Que notre àme se fonde en Tocéan des feuilles.
^^ro^.f^l^^^ ' :• ?; ^/.^-■.>'