‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 42 sur 74 · PHEMIER HYMNE AU GRAND PAN · texte numérisé non relu

PHEMIER HYMNE AU GRAND PAN

Ainsi, quand 'c poète, éperdu de sentir Germer et croître en lui ses plus belles pensées, Contemple la campagne où vont s'épanouir

Ses strophes cadencées.

Il est pareil h Tarbre. au pampre, à la maison Qu*étreîgncnt largement de douces Qoraisons.

toi, qui que tu sois, étranger dont les yeux Gardent le noir reflet de la cité dolente.

Suis- moi : je te dirai des rythmes radieux Qui t apprendront la grâce onduleuse des plantes.

Nous gagnerons d*abord ce sommet qui domine

La ligne pure des collines, Couches dans l'herbe molle, à l'ombre d'un noyer. Nous écouterons rire les ramiers.

Des rayons assoupis caressent les feuillages,

Des taches d'or tremblent sur les buissons, Une cloche palpite en un lointain village, Le vent, dans les sureaux, chuchote à l'unisson.

13G LUmillBS TRANQUILLES

Puisque tu dois rentrer & la ville demain, Livre-toi, tout entier, aux sèves salutaires, Laisse monter en toi Tivressc de la terre, Laisse le serpolet te parfumer les mains.

Endors-toi : l'air sent bon la framboise et l'airelle. Les feuilles fraîches du noyer frôlent ton front ; Autour de ton sommeil mes vers voltigeront Comme des hirondelles.

Je me garderai bien d'ordoni cr ce poème

Selon des règles rigoureuses, Flexible comme les bouleaux et les yeuses.

Vagabond ccmme un rucher qui essaime, Je veux qu'il se déploie Dans la lumière et dans la joie.

Tout me ravit, tout m'est beauté :

Les brugnons roux que velouté TÉté, * Les avoines d'argent où vibrent les grillons Et la perdrix qui se blottit dans les sillons.

PREMIER BYMffE AU GRAKD PAIf

Ciel de juillet, royaume en feu du roi soleil, Fais mûrir en moi d'ardentes moissons, Gel d'août, tout pavoisé de nuages vermeils.

Illumine mes horizons, Ciel soyeux des fîns de septembre, Que tes couchants couleur de mer et d'ambre Se mirent en mon cœur comme un lac sans fond.

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