‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 61 sur 74 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Belle, VOUS m'avez dît : a Je n*atme p.is les arbres ;

Ils semblent morts, je veux les voir se consumer.

L'un après Tautre, au feu vivant de mon fo)cr~ »

— Pour ce blasphème, un dieu vous cbangerait en marbre.

Un dieu ferait de vous une fine statue V

Qu'il placerait au plus profond d'un bois sacrô ;

Ui, Tombre qui descend des vieux chênes penches

Baiserait votre gorge adorablemcnl nue,

Les rameaux ondoyants des sapins et des ormes

S^enlaceraient autour de votre ptcclcstal

Et les bouleaux, lyres du monde Yég<ftal,

Frôles d'un vent lascif, célobrcraîcnt vos formes-

Et vous, que ravirait Téoliennc cadence.

Vous quitteriez bientôt votre erreur s^criïôgc Pour allcsler les arbres doux en leur vengeance — Le diju dissiperait alors le sortilège.

V >. 193 LUMIÈRES TRAUQUILLBS

D'un Sylvain jeune et fort il prendrait la figure Et, tandis que les bois enfleraient leur murmure. Il vous emporterait, confuse et curieuse, Dans son antre jonché d'une mousse moelleuse...

Le poète n'est pas ce dieu qu'il voudrait être Mais il sait les secrets des trembles et des hôlres, Ecoutez-le : louez les arbres désormais Ou craignez d'égarer vos pas dans les forêts.

BERCEUSi: DE SEPTEMBRE

Pour la petîle Lia.

Les sureaux cl les gl)xîncs Vers tes p^upîcTcs s'inclinent Et te vcrsenl des senteurs Qui dorloteront Ion cœur — Sous les fcuillnges mouvants En dors- toi j nia douce enfant.

Le >enl chaud nui &'emparesse S'attarde autour de tes tresses El ïfs pou[illcrs cAlïris Font de l'ombre sur ton sein — Sous les brauchcs assoupies Endors-loi, petite amie.

lU¥t£lltâ TaAZTQUrUBs'

Écoute, au fond du verger,]

Les cûlonibcs roucouler ;

Ton cher corps qui s abandon [le

Semble une rose d*aulomnc

Au murmure des ramées Endors-toî, ma bîcnaiméc.

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