‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 65 sur 74 · L'ÉVEIL · texte numérisé non relu

L'ÉVEIL

Dans la forôt qu'éveille une aube prin tanière, J'aspire le parfum des feuillages nouveaux Et les rayons naissants qui dorent les bouleaux Font résonner en moi des IjTes de lumière.

Jours heureux ! la saison se pare de pervenches» Des toufTes d*aubépine éloîlcnt les halHers, Le vent tiède roucoule et rît comme un ramier Ou se berce, en chantant, à la pointe des branches .

Naguère encor, captifs des brumes et des givres. Mes rêves se heurtaient à la fenêtre close.

Triste, le front penché sous ma lampe morose, Je cherchais la sagesse aux pages d'un vieux livre.

La pendule tintait des heures ennuyées, Dans 1 atre, les tisons s'en allaient en fumée,

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El tandis que riitvcr se traînait^ monolond Attirant contre moi ma Dame au frais corsage, Je lui disais : h Ilclas, les paroles du sage Kc Yâlcnl même pas une fleur d'andmone n

Mais aujourd'hui, lo ciel flambait, les frondaisons Houlaicnt une rumeur qui vint baltrc mes mi^rs, Et }*ai fermé le Livre, et j'ai fui la maison Pour m 'enivrer d'air chaud, de sèves cl d'azur^.

Toi, foret, lu m'as pris dans la gloire cl ta force » Et, buvant cette aurore où baigne la bçautd.

Entre tes bras Je'me souviens d'avoir étd Tous les dieuï que je sens vivre sous les écorccs*

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