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Poésies, 1905-1918

kJ lierres des vieux murs et des via' 11 es ecorccs, Ronces arriéres des terrains abandonnés, Sous vos rejets griffus ou vos lianes torses Que de chers souvenirs dorment pelotonnes !

Autour des noirs logis où les âmes fidèles Reviennent tristement, entre deux angélus, Tu mets de verts manteaux flottants, des frissons d'ailes, Lierre, et tu rends des nids aux chênes vermoulus.

Et toi, ronce, dans, les coins des vieux cimetières Oit les bouquets au vent d'un jour se sont flétris, Sur les petites croix et les débris de bières Tu projettes tes bras maternels et fleuris...

Plantes du souvenir, robe des choses mortes, Suprême floraison de ce qui va finir, Fidélités un peu moroses, mais si fortes, Etreintes que l'oubli ne saurait désunir,

Je veux que désormais vous devenic* l'emblème De mes vers au passé tout entiers consacres ; Comme vous je le pare et comme vous je l'aime, Et mon cœur vit avec les morts que vous couvre-

JL MES ECOLIERS

Avant de le quitter, ce cabinet banal D'école, où si longtemps, réglé comme l'horloge, J'ai prodigué conseils, avis, reproche, éloge, Reçu, lu, rêvassé, — rimé même, et fort mal, Pour chasser la rancœur des besognes arides, — J'appuie encor mon front brûlant chargé de rides A ces carreaux glacés d'où j'ai vu mille fois Nossix cents écoliers, d'air et de bruit avides, Mêler leurs pas, leurs mains, leurs rires et leurs voix Dans la cour froide et sombre ou de soleil emplie;

Et je regarde, hélas! avec mélancolie,

Cet essaim turbulent, égoïste et joyeux

Auquel un doux lien mystérieux me lie,

Et qui demain jouera, guetté par d'autres yeux,

Puis s'éparpillera vers les fleurs de la vie...

D'autres ont précédé, que j'ai conduits aussi, Qui furent de tous points semblables à ceux-ci. Et qui vont maintenant dispersés sur les routes, Tristes ou gais, forts de leur foi, ronges de doutes. Montant d'un pas rapide ou ient au but promis, Et quelques-uns déjà connaissant les déroutes, Et d'autres disparus à jamais, endormis Dans la mort, oubliés même de leurs amis...

Et tous ont joué là les jeux que l'on y joue

A cette heure', entre deux classes et deux efforts,

Et ceux-ci vont bientôt prendre aussi leurs essors,

Même toi, cher petit, qui, la main à la joue,

Là-bas, près d'un pilier, fixes tes beaux grands veux

Sur ma vitre et sur mon visage soucieux,

Etonné — puisque dès demain je serai libre,

Et que ton cœur, à ce seul mot, tressaille et vibre —

De me voir attristé. — Sans doute, oui, je m'en vais

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