‹ Poésies, 1905-1918Chapitre 10 sur 83 · NOUS N'IRONS PLUS... 2Q · texte numérisé non relu

NOUS N'IRONS PLUS... 2Q

En route, amis! — Et, tout d'abord, Sous ces houx à l'abri du nord Regardez, presque a ras de terre; Quoique vêtu comme un notaire, Entre deux couplets de chanson, Le merle, devenu maçon, Bâtit son nid en grand mystère.

Entrons au bois ; les yeux en l'air 1 Entendez là-haut ce chant clair!

C'est l'alléluia de la draine :

Son nid ne peut être bien loin ; Scrutez l'enfourchure du chêne :

Elle l'y pose comme un coin, Revêtu de mousse avec soin.

RÛXCES ET LIERRES

Mais, là-ba$, un geai qui s'effare Fait sonner son aigre fanfare Et fuit d'arbre en arbre en jurant.

C'est l'oiseau le moins endurant :

Quand il quitte son nid, s'il sacre, C'est le prélude qu'en rentrant Tout finira par un massacre...

Voici le vallon redouté

Où filtre une avare clarté

Du haut des hêtres centenaires.

Sur l'un d'eux, un gros nid sans art.

Ainsi les aigles font leurs aires ;

C'est la demeure du busard

Qui porte un lièvre dans ses serres.

On consulte. Qui grimpera Là-haut? Nul n'ose... On reviendra Dimanche, avec la carabine De l'oncle Jean, et l'on tuera Sur son nid l'oiseau de rapine, Avec lequel, aux basses-cours, On quêtera des œufs huit jours.

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