‹ Poésies, 1905-1918Chapitre 11 sur 83 · NOUS N IRON'S PLUS · texte numérisé non relu

NOUS N IRON'S PLUS

Allons plus loin. — Un chant suave De flûte d'or, discrète et grave, Monte dans le couchant vermeil ; Sur son nid propice au sommeil Et que le vent tiède balance, Quand la forêt tombe au silence, Le loriot jase au soleil.

Mais l'ombre croît sous les ramures.

Les chants ont fait place aux murmures,

Aux soupirs, aux bruissements;

Et de vagues trottinements

Vers la pâture ou vers l'eau fraîche

Nous causent des effarements...

Plus d'un se sent la gorge sèche.

Oh! ces sinistres carrefours

Où des chemins pleins de détours

Assemblent leurs ogives noires !

Et nous pensons au Drac, aux loups,

A de ténébreuses histoires

Qui se dressent dans nos mémoires

Et nous font courir, les veux fous...

Respirons, voici la clairière.

Les taillis, la rose lumière

Du soleil mourant sur les prés.

On se retourne, rassurés,

Vers la forêt presque endormie,

Tout honteux de s'être apeurés

Sous son manteau de grande Amie.

On voudrait presque y retourner.

Mais non : l'angélus va sonner Au clocher dont la girouette Resplendit seule à l'horizon.

L'engoulevent, sur le gazon, Fuit devant nous, et la chouette Entonne sa triste chanson.

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