NOUS N IRON'S PLUS
Allons plus loin. — Un chant suave De flûte d'or, discrète et grave, Monte dans le couchant vermeil ; Sur son nid propice au sommeil Et que le vent tiède balance, Quand la forêt tombe au silence, Le loriot jase au soleil.
Mais l'ombre croît sous les ramures.
Les chants ont fait place aux murmures,
Aux soupirs, aux bruissements;
Et de vagues trottinements
Vers la pâture ou vers l'eau fraîche
Nous causent des effarements...
Plus d'un se sent la gorge sèche.
Oh! ces sinistres carrefours
Où des chemins pleins de détours
Assemblent leurs ogives noires !
Et nous pensons au Drac, aux loups,
A de ténébreuses histoires
Qui se dressent dans nos mémoires
Et nous font courir, les veux fous...
Respirons, voici la clairière.
Les taillis, la rose lumière
Du soleil mourant sur les prés.
On se retourne, rassurés,
Vers la forêt presque endormie,
Tout honteux de s'être apeurés
Sous son manteau de grande Amie.
On voudrait presque y retourner.
Mais non : l'angélus va sonner Au clocher dont la girouette Resplendit seule à l'horizon.
L'engoulevent, sur le gazon, Fuit devant nous, et la chouette Entonne sa triste chanson.