‹ PoésiesChapitre 50 sur 71 · AUX MÂNES DE GIRODET · texte numérisé non relu

AUX MÂNES DE GIRODET

OÙ donc est la beauté que rêve le poète ? Aucun d'entre les arts n'est son digne interprète, Et souvent il voudrait, par son rêve égaré, Confondre ce que Dieu pour l'homme a séparé. Il voudrait ajouter les sens à la peinture. A son gré si la Muse imitait la Nature, Les formes, la pensée et tous les bruits épars Viendraient se rencontrer dans le prisme des arts. Centre où de l'univers les beautés réunies Apporteraient au cœur toutes les harmonies. Les bruits et les couleurs, de la terre et des cieux. Le charme de l'oreille et le charme des yeux. Le réveil des oiseaux, la chanson virginale, La perle et les rayons de l'aube matinale, La gémissante voix des soupirs de la nuit. Le nuage égaré sur le torrent conduit.

L'éclair tombant du ciel et sillonnant l'espace Comme un glaive de Dieu qui passe et qui repasse, Les cris du voyageur dans la forêt perdu.

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