LE RÊVE
« Au char d'Emmanuel tes ailes attelées Guidaient la roue ardente de son essieu vivant ; Et, pour nourrir le feu des lampes étoilées. Aux voûtes de cristal on t'envoyait souvent.
« Des tabernacles d'or les secrètes enceintes Étaient les lieux cachés choisis pour ton repos ; Tu te posais aussi sur les genoux des saintes. Écoutant leur cantique et leurs pieux propos.
« Tu seras bien longtemps sans revoir nos merveilles. Ange ami, tes instants seront tous agités. Tu pleures à présent sitôt que tu t'éveilles... Depuis vingt jours, pourquoi nous as-tu donc quittés ? »
Ainsi, pour t'éloigner d'une vie éphémère, Les anges t'ont parlé, discours plaintif et doux ; Tu leur as répondu : « Vous n'avez pas de mère !... » Et tous ont vu la tienne avec des yeux jaloux.
13 décembre 1822.