‹ PoésiesChapitre 57 sur 71 · UN BILLET DE BYRON · texte numérisé non relu

UN BILLET DE BYRON

Nous n'irons plus courir ensemble dans la nuit. Quoique dans notre cœur l'amour soit jeune encore Et que le beau croissant dont le soir se décore Reluise autant qu'hier sur la cité sans bruit ;

Car le fourreau du glaive est usé par sa lame. Comme nos faibles yeux l'amour veut son sommeil. De peur que notre corps si frais et si vermeil Ne pâlisse trop tôt, dévoré par son âme.

Ainsi, quoique les soirs soient créés pour l'amour, A.insi, nous n'irons plus la nuit courir ensemble. Parlant, au clair de lune, à miss Annah, qui tremble Que le brouillard du parc soit blanchi par le jour.

Écrit à Londres, 1838.

36o ALFRED DE VIGNY

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