‹ PoésiesChapitre 58 sur 71 · AUX SOURDS-MUETS · texte numérisé non relu

AUX SOURDS-MUETS

Enfants, ne maudissez ni Dieu ni votre mère. Vous êtes plus heureux que Milton et qu'Homère. Vous voyez la nature et pouvez y rêver. Sans craindre que jamais la parole vulgaire Ose par votre oreille à votre âme arriver. Le silence étemel est votre tabernacle, Et votre esprit n'en sort que selon son désir ; Il ouvre quand il veut et ferme le spectacle ; Dans le livre ou la vie, il choisit son oracle. Et de toute beauté ne prend que l'élixir.

Août 1839.

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