‹ PoésiesChapitre 59 sur 71 · A HENRI MONDEUX, MATHÉMATICIEN A QUATORZE ANS · texte numérisé non relu

A HENRI MONDEUX, MATHÉMATICIEN A QUATORZE ANS

Les nombres, jeune enfant, dans le ciel t 'apparaissent Comme un mobile chœur d'esprits harmonieux Qui s'unissent dans l'air, se confondent, se pressent En constellations faites pour tes grands yeux. Nos chiffres sont pour toi de lents degrés informes Qui gênent les pieds forts de tes nombres énormes. Ralentissent leurs pas, embarrassent leurs jeux ; Quand ta main les écrit, quand, pour nous, tu les nommes, C'est pour te conformer au langage des hommes ; Mais on te voit souffrir de peindre lentement Ces esprits lumineux en simulacres sombres. Et par de lourds anneaux, d'enchaîner ces beaux nombres Qu'un seul de tes regards contemple en un moment. Va, c'est la poésie encor qui, dans ton âme, Peint l'algèbre infaillible en paroles de flamme Et l'emplit tout entier du divin élément :

Car le poète voit sans règle Le mot secret de tous les sphinx ; Pour le ciel, il a l'œil de l'aigle.

Et pour la terre l'œil du lynx.

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