‹ Poésies (volume 2)Chapitre 2 sur 32 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

On s’écrie : “ O la voyageuse ” Et l’on aime à la regarder Fendre l’air d’une aile joyeuse, Lui demande-t-on de chanter ?

Amis, je suis cette hirondelle Qui s’est attachée à vos toits :

Voyez, je voltige, j’ai l’aile ; Mais, hélas je n’ai pas la voix.

SONNETS

SONNETS

Mon insomnie a vu naître les clartés grises.

Le vent contre ma vitre, où cette aurore luit. Souffle les flèches d’eau d’un orage qui fuit.

Un glas encor sang-lotte aux lointaines églises...

La nue est envolée, et le vent, et le bruit.

L’astre commence à poindre, et ce sont des surprise De rayons; les moineaux alignés sur les frises, Descendent dans la rue où flotte un peu de nuit. .

* SgS

Ils se sont tus, les glas qui jetaient tout à l’heure Le grand pleur de l’airain jusque sur ma demeure. 0 soleil, maintenant tu ris au trépassé!

Soudain, ma pensée entre aux dormants cimetières, Lt j ai la vision, douce à mon cœur lassé.

De leurs gîtes fleuris aux croix hospitalières . . .

SONNETS

Est-il une âme triste et lasse de la vie,

— O les soucis trop lourds à notre humanité — Qui ne se sente pas pour un moment ravie Par cette nuit si belle en sa sérénité !

A perte de regard je suis avec envie Un grand oiseau montant dans l’espace enchanté Devers la blanche voie, et par tant d’yeux suivie. Qui traverse le ciel de sa pâle clarté. . -

Pour cette heure d’oubli, douce comme une trêve, Pour cet apaisement de l’âme qui se lève Comme l’oiseau muet attiré dans l’azur ;

Pour cette nuit brillante au triple diadème, Dont chaque étoile semble un diamant plus pur O Dieu bon, je vous aime.

SONNETS

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