LES LILAS
“ O printemps gai dompteur de l’âme ! ” . . . Qui n’a fait, depuis Ménélas Sur ce thème un épithalame ?
C’est le temps des lilas.
Ma voisine est à sa fenêtre.
Qu’entends-je? elle soupire: hélas!
Quelque folle peine peut-être.
C’est le temps des lilas.
Sous sa noire tresse elle est belle,
Enfant aux contours délicats.
Elle soupirait; aime-t-elle?
C’est le temps des lilas.
Je 1a. vois, la tête baissée.
Avec son éventail au bras Comme une grande aile blessée.
C’est le temps des lilas.
îî
Toi qui ris à travers la branche.
O Lune, fuis, ne trahis pas Les premiers pleurs d’une âme blanche . . . C’est le temps des lilas.
A LOUIS FRECHETTE