‹ PoésiesChapitre 7 sur 8 · LA GRANDE PLAIE DU MISSISSIPI · texte numérisé non relu

LA GRANDE PLAIE DU MISSISSIPI

Il s'embarque en notre pirogue.

Sur l'azur du Mississipi, Et, pendant qu'à nos frais il vogue.

Il nous torture sans répit.

Si nous passons près du rivage, Parmi des cannes et des foins.

C'est un nouveau droit de péage Pompé par d'autres maringouins.

Un vrai délii-e d'épopée Semble animer leurs cœurs de bois.

Il n'est coups de feu ni d'épée Qui puissent gêner leurs exploits.

Mouchoirs volants et vent qui cingle Ont beau disperser leurs essaims, Dans leurs fines têtes d'épingle Restent grondants leurs noirs desseins.

Le vent s'endort, le bras se lasse, Plus tôt que leurs lances de fer.

Le jour, le soir, la nuit, tout passe, Excepté levu rage d'enfer.

Sommes-nous des fleurs pour ces drôles ? Ils nous aiment pour butiner.

Et nous font payer, sous les saules, Notre misérable dîner.

Avec les maringouins on mange ; On cause avec les maringouins ; Part-on, de maringouins on change Partout leurs voix et leurs groins.

Lorsque de la voûte enflammée Tombe, en rougissant, le soleil.

On rêve encor plus de fumée Que de repos et de sommeil.

On cherche, en accostant, des mousses.

Des feuilles mortes et des joncs ; Et les maringouins, à nos trousses.

Semblent voir à quoi nous songeons

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