‹ PoésiesChapitre 1 sur 71 · LA JEUNE MERE · texte numérisé non relu

LA JEUNE MERE

Puis avec eux, feiate sérénité,

Dont ma pitié rassurait leur tendresse,

Aux jours éteints de ma courte jeunesse

Je puis du moins donner en liberté

Ces pleurs furtîts c[ue répand ma faiblesse.

En paix du moins je contemple ces lieux ^ Où se jouaient mes riant«s années,' Et dont l'aspect, doux encore à mes jeux.

Me promettait tant d'heures fortunées.

Oui, c'en est fait; de son souffle mortel Le dernier jour, glace mon front livide ; J'entends le bruit de son aile rapide.

Elle m'apporte un sommeil éternel.

Vous pleurerez, tous dont j'étais chérie ; Mais, en fusant, le temps consolateur Ne laissera dans votre ame attendrie Qu'un souvenir qui n'est pas sans douceur.

Oui , de nos pleurs l'âge tarit la source ; Les maux passés sont des rêves confus; Les ans jaloux entraînent dans leur course Les derniers voeux de ceux qui ne sont plus.

,...,C<,<,glc

Page 1