‹ PoésiesChapitre 27 sur 71 · LYON EN · texte numérisé non relu

LYON EN

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M^eurà ceux qui mettent le dirio flambeau de la libolé

entre les mains d'ua furieux. Ce flambeau n'éclaire pu,

il brille ; il réduit en cendres les campantes et les TJllea.

EH. Traduction de Camille Jordan.

Qmlesa vus franchir la pmssante limite?

Comment de nos soldats ont-ik vaincu l'élite, Cea nombreux bataillons de guerriers inconnus ? Jusqu'au! murs de Lyon comment sont-ils venus? Qaoi!déjà1earscoursierss'abreuventdansteR1iAne, Et des feux ennemis le cercle l'environne!

Maisnon, tous sont Français, assaillans, défenseurs; Je vois sur les deaz camps flotter les trois couleurs.

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Là, proclamant ton nom, A Liberté ohérie.

L'écho répète : • Allons, enfans de la patrie! • Ici : ■ Mourir pour elle est le sort le pliu doux ! ■ Français, an nom du ciel, qui donc combattez-rons? L'un répond: la Révolte, et l'autre : l'Injustice. peuple, de tes chefs ignorant l'artifice, Et toujours abusé par des mots généreux.

Tu crois agir pour toi, tu n'agis que pour eux.

Lyon, est-ce bien toi que ta France abandonne, Toi, la plus belle fleur de sa noble couronne? Toi, qui de ses rivaux fixes l'ceil envieux?

Eh ! de quoi punit-on ce peuple industrieux, D'une liberté sage adorateur sincère.

Qui la sut conserver même aux jours de Tibère, Qui, paisible, mais fier, chérissait i la fois Et son indépendance et le nom de ses rois? - Naguère il accueillit, au même esprit fidèle, Du pouvoiç et des droits l'alliaDce nouvelle. Mais au bruit des forfaits, ce peuple épouvanté, S'étonna de frémir au Aam de liberté, Brisa ce nouveau joug, et d'une main hardie

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RqmtHSB de son sein le meurtre, l'ineendie ; Et flétrissant Cbalier d'un juste châtiment, Renrersa de la mort le fatal instrument.

Lyon, voilà toa crime! Un sénat sanguinaire De soa espoir déçu te promet le salaire.

Pour le rassasier et de ponvoir et d'or, Que de sang a coulé ! ijue de sang coule encor, Et ne doit s'arrêter qu'au jour où des supplices Les témoins seront tous TÎctimes ou complices! A ses décrets de raort Lyon a résisté ; LyoD, tu périras ! ton arrêt est porte.

Les tyrans de soldats ravis à nos frontières, Ont dirigé vers toi les phalanges guerrières.' Des récits mensongère allument leur fur«ur, £t d'une indigne cause on flétrit Leur valeur. Immolant au désir d'tme aveugle vengeance Lagloire, l'intérêt, le salut de la France!

Quoi donc ! subirez-votis uoe liomtcide loi?

Levez-vous, citoyens! Lyon, réveille-toi!

Qne des périls communs arment ponr ta défense Le riche et l'indigent, la vieillesse et l'enFance. Des enoemis pour vous naissmt de toutes pnrU;

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Levez-voui, levez-vous, courez à vos remparts; Défendez vos foyers, vos épouses, vos mères ; Citoyens, levez-vous, et qiie vos adversaires, Surpris d'efforts si grands et de si lents succès, Sentent que devant'cux sont aussi des. Français'. Cependant la jeunesse, en ardentes cohortes, A la voix de Précy s'étançant vers les portes. En défendra l'abord. Plus calmes, au dedans, S'assemblent des vieillards les bataillons prudens ; Ils stureillent sans bruit, nocturnes sentinelles. Des ennemis cacbés les trames criminelles; Et d'une habile main l'intrépide ouvrier, Loin du métier oisif, sert le bronze guerrier. Dignes de. tous, enfin, magnanimes, actives.

Les femmes oubliant leurs faiblesses craintives, Parcourent des blessés l'asile douloureux, Et leur tendre pitié sait unir a^iprès d'eux. Au remède puissant une douce parole, Au soin qui les soulage un mot qui les console. Ce sont elles encor dont l'oeil audacieux Suit le globe en&ammé qui traverse les ciens, Et, signalant au loin sa route flamboyante.

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Diligent par leurs crà la pompe prévoyante.

Celles-ci, qu'inspirait la vierge d'Orléans, Écoutent dé leurs cœura les belliqueux élans, S'arment ; et l'assiégeant au milieu du carnage, A méconnu leur sere en voyant leur courage.

À la commune ardeur l'enfant même soumis, Portait d'un faible bras les^oulets ennemis.

Près du fleuve, la ville à sa perte: exposée,

S'ébranlait sous les feui de la rive opposée.

Là, d'hivera en hivers, lentement amassés,

Les fils de la forêt, de leurs troiïcs entassés.

Formaient un sûr rempart, ou l'airain formidable,

Sans relAche, lançait la bombe infatigable.

Ce danger, dit Précy, doit cesser aujourd'liui :

Pour un noble projet il Iwi faut un appui ;

Déjji son oeil le chercbe et sa voix le réclame.

■ Qui de vous, Lyonnais, ira porter la flamme.

Embraser ces cbantiera si funestes pour tous.

Et montrer l'ennemi qu'ils cacbent à> nos coups? •

On obéit trop vite. Un essai téméraire

De ses desseins secrets instruit son adversaire.

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Aui re^trds de Précy, qu'alarme un tel revei^, Laurençoa et Dujast soudain se sont offert».

Ses vcBUK seront comblés. D'une audace naissante L'ardeur a coloré leur joue adolescente :

Rien ne les intimide ; ils sont duos l'&ge heureux Où l'ame encore ouverte aux pensera généreux Méconnaît les périls et i^ voit que la gloire. Despérils?.. Les Uensseulsvivéntdans leur mémoire, OLyonietpohrtoi, fiers d'exposer leurs jours, Ils bravent les conseils, dédaignent les secours. Impatiens d'agir, l'ÎDstrumantde ravage Qu'un démon degtmctear inventa dans sa rage, Le tube incendiaire, au vol fatal et prompt, Sous un étroit lien presse leur jeUne front : Tansdeuxplongentauâeuve,et,d'unbra9intrépide, L'un etl'autre i l'envi fen,dent son cours rapide. Leurs amis cependant, les larmes dans les yeux, ' Tremblans dlavoir reçu leurs éternels adieiîi, Écoutent sur la rive, immobiles et sombres, Chacua des bruits légers qui traversent les-ombres ; Et tous, malgré la nuit, sur le fieuve pencbés, Tiennent au bord lointain leurs regards attachés.

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Soudain un feu rougeâtre a coloré la nue, Et des cietis toul-à~coup embrase l'étendue ; Le succès est certain, et les jeunes liéros, Fiers d'avoic réussi, s'élancent dans les flots, Bravent du plomb mortel l'atteinte meurtrière, Et touchent trioinphans la rÏTe hospitalière. Lyon av€C traneport les a revus tous deux; Et quand sa main offrait k ces &ls généreui Le prix où leur valeur avait droit de prétendre, D'elle, ils n'oBt accepté qu'un fer pour la défiendre. Mais à leurs simples noms désormais est lié Ce noble dévojîmeiit qu'eui seuls ont oublié. Ah ! ai ma &ible voix les pouvait tons rentre) Que de &uts glorieux animeraient ma I^re!

De tant de citoyens, vain et sublime effort.

Tandis qu'ils opposaient, sans désarmer te sort, L'union à la force et le conrage au nombre, On vît soixante fois le jour re^lplace^ l'ombre ! Mais leurs toits s' écroulaient sous les feux dévorans. Mais la mort sans relttche éclaircissalt leurs rangs ; Tout leur manque i la fob, et la faim menaçante Soulève au milieu d'eux sa face pfilissante !

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Le Rhàne semble fuir de ces bords désolés.

Lui-même aux afisiégeans, dans ses flote écoulés, Il ouvre un gué facile, et son onde tarie, Ainsi que la fortune, a tfabi sa patrie.

Cédez, !e ciel le veut; cédez, tristes Français; Vous lottei: vainement ; vos maux sont à l'excès; Fuyez, allez chercher quelque lointain asile. Ljon, de tes enfans une moitié s'exile !

Que dis-je? cet exil, ils ne l'atteindront pas ;' Le meurtre et la vengeance ont volé sur leurs pas. Cachez, ablcacbez-moi cette fuite sanglante!...

Mais aux murs de Lyon, le deuil et l'épouvante,

Avec ses oppresseiu^, «ont entrés à la fois,

Et régnent avec eus au nom sacré des lois ;

Du sceau réprobateur ils marquent leur conquête;

Déjà, pour satisfaire à leur rage secrète.

Les murs trop lentement tombent sous le marteau.

Trop lentement s'abat l'homicide couteau.

Four desforfai ts plus prompts, la mèche egtallumée;

Le eanoD part, répond à la mine enflammée;

La mort et la ruine à la fois ont frappé!

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Leur eipoir celte fais n'a pas été trompé ;

Sous les débris fumaus de la ville qui croule,

Le sang en longs ruisseaux de toutos^arts s'écoule,

Et le génie altier de l'autique Albion

Dd)out sur le ^troit, l'œil fixé sur L70&,

Se repaifisant des maux où la France est en proie,

Trois fois trouble les aira par un long cri de joie !

n n'est pas temps encore ! ea vain tu t'es flatté

Qu'un peuple nutlbeureut, proscrit, persécuté,

Disperserait au loin son errante industrie ;

H faut à ses travaux le ciel de U patrie;

Fleuves, champs paternels, beaux vallons du Mont-d'Or,

Loin de vous, pour vous seuls, il garde ce trésor,

Et le premier soleil, après de longs orages^

Reverra'ses métiers enrichir vos rivages.

Tel, aupencbant des monts, sid'iiB essaim mouvant

Le toit mal assuré cède à l'effort du vent,

Arrachée i l'abri de la rucbe native,

Vous voyei l'babitante effarouchée, oisive,

D'une aile vagabonde errer dans la forêt.

Et de ses doux travaux oublier le secret;

Mais qu'un bras vigilant relève son asile,

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Soudain le peuple ailé repreod sa loi tranquille. Portant de fleurs en fleura un fructueux eaior, Dans la cire odorante il ^ianclie,à flots d'or Un butin embaumé, pareil i l'ambroisie Qu'inventa pour ses dieux l'antiqu^ Poésie.

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IPfrnifr 3imr it VTimit.

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Étenùté, néant, p«ué, aombrta abîma.

Que &itfi-Tt)us des jours que tous engloutiiMi?

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DtfiÀ U rapide jouniée

Fait place aux heurea du sommeil,

Et du dernier fils^e l'année

S'est enfui le dernier scdeil.

Près du foyer, seule, inactive,

Livrée aux souvenir; puissans,

Ma pensée erre, fuj^itive,

Des jours passés aus joun présens.

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