‹ PoésiesChapitre 35 sur 71 · L'ANGE GARDIEN · texte numérisé non relu

L'ANGE GARDIEN

Jouis en paii d'uae telle mémoire; Femme, crois-moi, je conduis au bonheur.

LA HODBANTB.

Je sens pâlir mon front, et ma voû presqn'éteinte Salue en expirant l'approche du trépas. D'une innocente vie on peut sortir sans crainte, £t mon céleste ami ne m'abandonne pas.

Mais, quoi! ne rien laisser apr^ moi de moi-même! Briller,trembler,mouriTcomme un triste flambeau! Nepaslëguerdu moins mes chantsà ceux que j'aime. Un souvenir au monde, un nom à Uion tombeau ! l'andb.

11 luit pour toi le jour de la promesse.

Au port sacré je te dépose enfin, Et près des cieux ta coupable faiblesse Pleure un vain nom dans un monde plus vain.

La tombe attend tes dépouilles mortelles, L'oubli tes chanta j mais l'ame est au Seigneur; L'heure est venue, entends frémir mes ailes, Viens, suis mon vol, je conduis au bonheur !

..Cocglc

£a f^éait.

A UADEHOISËLLE M.-A. NODIER.

.,..Go<H^I.

Eoivrons-nou! de poMe

Elle mt un r«ate d'ambroisie Qu'aux Diort«k ont laiué Us Dieux.

BÉt'lIiaEK.

Dbia tu la connais^ tu gramilis sous son aile, Jeune enfant aux jeux noirs, demeure-lui fidèle : Les fils de l'Hélicon, de leurs plus doux accords, A. tes heureuses mains ont livré les trésors. ' Hais toi, brillant rameau d'une tig;e choisie, Féconde, et dés long-teiqps chère à la poésie, N'as-tu point entendu ses accens inmorlels?

ITas-ttt point en secret encensé ses auteb?

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iSo LA POESIE.

que son culte est pur, que sa voix est puissante, Quand elle instruit tout bas une muse naissante? Alors l'ardent espoir d'un succès incertain, Ou l'inquiet souci d'un avenir lointain Sonti^or^encor; et l'ame qu'elle inspire Est émue ou calmée au seul son de la lyre ; Tout lui parle, la touche, et fait naître ses chants, Le réveil d'une fleur, parure de nos champs, La plainte d'un oiseau, sous l'ombrage égarée^ Les feux tremblans, épars dans la voûte azurée, Et l'automne, où la terre est prSte ik s'assoupir, Où les vents à son deuil mêlent un long soupir, Et les feuilles des bois aux premières gelées. En légers tourbillons dans les airs envolées. Vagues émotions, doux et rêveurs loisirs, Le poète chérit vos innocens plaisirs^ Cest alors que parfois, au souffle de la jnuse. Apparaît tout-à-coup une image confuse ; Sa beauté, par degrés, dévoilée A nos yeux, Se revêt looHement d'un vers harmonieux.

Et la rime bientAt, sonore et cadencée.

S'éveille, et sans effort s'enchaîne à la pensée.

LA POESIE. i3i

Qu'il ett doux de sentir le mètre obèiuant Environner, saisir, presser d'an mot puissant Un son parti du ctKur, une note attendue, Mais <nie Toreille encor n'arait pas entendue ! Jeun Aille, à ces mots tu souris, je le rois ; Sans plier ton esprit à de bizarres lois, Vun langage inspiré tu connaîtras l'ivresse.

De poétiques fleurs couronnent ta jeunesse; Mais une main plus chère a su te les cueillir; Des travaux paternels tu peux t'en^rgueillir. Toi (pii des monts d'Ecosse as gardé la mémoire, Et du lutin d'Argail sais la touchante histoire, Le charme des succès ne t'est point étran^^r ; Mais tu l'auras goûté sans peine et sans danger.

cGoo^k

.,C.o<,glc

JyuUI» lir BaxAe.

i;, Goot^k

.... Un jour jâ m'étais amusé k etTeuiller une branche

de Mul« iiir lin ruisseau , et à altachcr une idée à chaque feuille

que le murant enlratuail.

..C.ODUIÎ

L'ais était pur; un dernier jour d'automne, En nous quittant arrachait la couronne

Au front des bois ; Et je voyais, d'une marcKe suivie, Fuir le soleil, la saison et ma vie,

Tout A la fois.

Près d'un vieux tronc, appuyée en silunce, Je repoussais l'inlportune présence

cGoo^k

i36 LES FEUILLES

Des jours mauvais ; Surrondcfroide, ou l'herbe encor fleurie, Tombut sans bruit quelque feuille fiétrie>

Et je r^TaU!...

Au saule antique incliné sur ma tête, Ma main enlève, indolente et distraite,

Un vert rameau j Puis j'effeuillai sa dépouille légère, Suivant des yeui sa course passagère

Sur le ruisseau.

De mes ennuis jeu bizarre et futile.' J'interrogeais chaque débris fragile

Sur l'avenir i V070D9, disais-je à la feuille entraînée, Ce qu'à ton sort ma fortune enchaînée -

Va devenir?

Un seul instant je l'avais vue à peine, Comme «n esquif que la vague promène, Voguer en paix :

cGoo^k

Soudaio le flot la rejette au rivage ; Ce léger ehoc décida son naufrage--.

Je l'attendais!...

Je fie à l'onde une feuille nouvelle, Cherchant le son que pour mon luth fidèle

J'osai prévoir^ Hais vainement j'espérais un miracle, Un vent rapide eiAporta mon oracle

Htm

nespoi

' Sur cette rive où ma fortune expire, Où mon talent sur l'aile du Zéphire

S'est enVoléf Vais-je exposer sur l'élément perfide Un vœu plus cher?. . Non, non, ma ma

A reculé.

1 timide

Mon faihle cœur, en blâmant sa faihlesse, Ne put bannir une sombre tristesse,

Un vague effroi :

Un coeur malade est crédule aui présages )

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