‹ PoésiesChapitre 37 sur 71 · DU SACRE · texte numérisé non relu

DU SACRE

Et des nobles acteurs de cet aug;usle drame

Aucun n'est plus heureux que vous!

Nul d'un libre loisir ne peut goûter les cbannes : L'immobile soldat est captif sous les armes ; Son cbef, le fer en main, brillant d'or et d'acier, A l'ordre qu'il transmet doit plier le premier; Les speclateurs pressés dans cette vaste enceinte S'imposent le fardeau d'une longue contrainte ; Soumis au même joug, le pontife à l'autel, Cède aui liens dorés d'un deroir solennel.

Sous les réseaux du privilège, Voyez ces fiers prélats qu'enchaîne sur lenr siège L'honneur de consacrer les suprêmes sermena; De leur pieux office allongeant les momens.

Le blême ennui qui les assiège

Au milieu d'eux se glisse et siège ' Sous les mitres de diamans.

Ennui ! triste ennemi qu'aucun mortel n'évitei Je ne vois que des jeui où ta langueur habite; Du prêtre à l'assistant tout ressent ton pouvoir, Jusqu'au bras engourdi de ce jeune acolyte

„..,C<,<,glc

i44 l'Es OISEAUX

Qui laisse échapper l'encensoir.

Déjà les douze Patts, qu'en vain la blanche hermine

RevÉt d'un éclat féodal, Succombent à leur tour à ce charme fatal ; Leur front s'appesantit, leur épaule s'incline, Sous le bandeau de comte ou le mantean ducat. Des insif^nes rojaux doublant le fais suprême,

Et fidèle k la majesté, 11 effleure en passant le monarque lui-même

Esclave de sa dignité.

A son souffle flacé, le long des galeries.

Gomme ces fleurs d'un jour dans nos salons flétries,

Se décolore la Beauté :

L'éclat pompeux des pietreries,

Le poids des lourdes broderies

Enchaînent sa légèreté ;

Son inquiète orâiTeté

Accusant les heures tardives,

Sur les pas de la Liberté,

Voit s'enfuir les Grdces craintives.

La Liberté! bientôt vous pourrez l'espérer.

cGoo^k

Page 1