JULIA ALPINULA
Recueillez maintenant, au milieu des ténèbres, Les soupira fugitifs de mes accens funèbres : A mon bjmne de mort prêtez quelque doucew, , Çarmon dernier (noment est mon premierbonltear.
■ Descends des cieux, Leure silencieuse, Le front voile, tu conduis sur tes pas, Le long sommeil, la paiï mystérieuse.
Je te salue, heure de mon trépas !
Quel Dieu cruel nous condamne â la vie Quand le bonlieur ne doit pas l'embellir, Quand aux soucis elle reste asservie, Quand nous naissons pour pleurer et mourir!
Tel fut mon sort. Ma solitaire enfance - - N'a point connu les baisers maternels ; Un deuil profond désola ma naissance :
Sfes jeunes ans dévoués aux autels, Se sont enfuis dan» l'ombre et le silence. .
Tel quelquefois, sous un ciel rigoureux.
Passe sans joie un printemps nébuleux.
Ainsi de vous s'éloignait l'allégresse.
..C.<,„glc
JULIA ALPIMULA. 19»
Jours solennels àf ma courte jeuneste !
Un sort lointaii^*â'une vague leirenr,
Troublait ma rie et glaçait ma pensée;
Et la douleur dam mon ame bercée,
]>our s'éveiller attendait le malheur.
I^ malheur tonne, et son court sommeil cesie;
Sa froide baleine effeuille ma jenneiae. -
La tombe ouverte attend mes derniers pu;
Mais son repos est doux à ma misère ;
J'irai dormir i cdté de mon père,
Je te salue, heure de mon trépas !
Unique objethle qui j'étais chérie.
Unique amour qu'fn permit i mon coeur, de mes jours cber et funeste auteur, Tous mes efforts n'ont pu sauver ta vie!
Ta mort du moins de la mienne est suivie, Et oet espoir console ma douleur.
O Cœcina ! tes foreurs satisfaites.
M'ont vue en vain pleurant i tes genoux, Humilier les saintes bandelettes Sans adoucir ton superbe courroux.
1;, Goot^k
ig6 JULU ALPINULA.
Ju^ inflexible, un juge plus sérère, Saura partout t" atteindre et te punir ; Komain cruel, tu m'as ravi mon p^, Mais ta rigvenr ne peut nous désunir.
Je reconnais son ombre glorieuse, Qui chez les morts, de loin me tendlesbràs.... Hâte ta marclie, heure silencieuse.
Heure sacn^e, heure de mon trép(ts[
Quelle voix sombre incessamment m'appelle?
Je vois déjà la fatale nacelle, Elle s'avance.. .. Adieu, temple «acre, Portiques saints, autels où j'aipkuré.
Parés de fleurs par ma majns moissonnées.
Et ^e mes yeux ne verront point fanées !
Monts escarpés, rocbers, flambeaux des cieui^ Et vous échos, recevez mes adieux !
Ne pleurez point, 6 mes jeunes compagnes, En confiant ma tombe à ces montagnes.
Je touche au port, et ma mourante main Suspend aux murs du sacré sanctuaire Ces saints bandeaux, ce vêtement de lin,.
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JULIA ALPINULA. i
Derniers tributs d'un voyage éphémère.
Quel froid mortel!... quelles ombres! la nuit Autour de moi se glace et s'épaissit. . . .
Ce vent léger que mon front sent i peine....
Aube riante! est-ce ta fraîche haleine?...
Du jour naissant tu devances les pas;
Il va briller je ne le verrai pas.
Je sens déjà ton aile ténébreuse, C'est toi.... salut, heure silencieuse, Heure sacrée, heure de mon trépas!... °
Est-ce encor Julia qui doucement soupire?
Non, c'est le dernier son échappé de sa lyre, Et comme elle expirant, ce bruit harmonieni S'affaiblit par degrés et se perd.dans tes cieuz...
Le souffle matinal efface les étoiles.
Et de la sombre nuit repousse au loin les voiles , Sur les monts aiinrés l'aurore luit.... hélas! N'avait-elle pas dit : ■ Je ne la verrai pas! •
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€a JxHt Itre Jéte.
FBAGSqplT. D'UN FABLIAU.
S iaKITl iVK l\l8U>1 de MISAHE LA
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Ik TOUS diront que vostre donli langaige Les cueiin humaiiu aliène et engaige.
Et que l'accueil de *o> doulces nuuiiires Peuh apposer Hnra entre ses banièrea.
• Si TOUS toDcheE espinetlea ou lui, Yotu appaisez les sujets d'Eolus; Et ai l'aller par les diamps voua dâecte, A duMun {tas croist une violette.
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L'hbgbe a sonn^, c'est dans la sombre nuit Que s'accomplit la tâche maternelle j Sous les rideaux de la mère nouvelle L'ombre a guidé le repos qui la suiti Laissant monrir ses clameurs étouffées, L'enfant aussi fermait des j'eus lassés; Près du berceau, les bras entrelacés.
Dansait alors le choeur léger des fées.