‹ PoésiesChapitre 100 sur 113 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

O Daphné, tes bras ronds, par l'amour assouplis, S'élancent nus et fiers de la robe aux longs plis.

DAPHNÉ

Hippias, le courage embellit ta poitrine.

HIPPIAS

Daphné, ton âme est pure et ta forme est divine.

DAPHNÉ

Je m'attache à ton cou!

HIPPIAS

Je te tiens sur mon cœur !

DAPHNÉ

O tendresse 1

HIPPIAS

O désirs 1 ô flammes!

O langueur!...

Presse-moi dans tes bras pour que la mort jalouse N'en puisse pas sans lutte arracher ton épouse. Tout batelier qu'il est, le vieux Caron, le soir, Passe par les chemins sur un grand cheval noir. Tes mains, quand j'errerai dans la demeure sombre, Ne donneront ni fruits ni lait pur à mon ombre, Car je serai parmi la troupe des chrétiens, Et mes mânes jamais n'accueilleront les tiens 1

Eh bien 1 quitte ce Dieu qui n'aime pas les noces. L'amour a su dompter jusqu'aux bêtes féroces.

Christ Jésus doit un jour ressusciter les siens : Voilà ce que du moins enseignent les anciens. Homme, tu peux tenter d'éclaircir ce mystère. Moi, femme, je dois croire, adorer et me taire. Christ est le Dieu des morts : que son nom soit béni 1 Hélas 1 la vie est brève et l'amour infini.

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