TROISIEME PARTIE
Car le Maître s'assit aux noces et donna Le vin miraculeux aux époux de Cana.
Et toi, fils des gentils, que l'esprit de mensonge Inspire et fait errer comme un homme qui songe, Ecoute, afin que Dieu daigne bénir ton lit : Quitte la vieille erreur et crois. L'apôtre a dit : « L'homme sanctifiera l'épouse qu'il a prise. Et c'est un sacrement dans la nouvelle Église. » Vous voulez être unis? Qu'il en soit fait ainsi. Homme, prends celle-là. Femme, prends celui-ci. Par le Père incréé, par le Fils, roi du monde, Par le saint Paraclet en qui la gloire abonde. Je vous joins. Soyez deux dans une même chair. Femme, suis ton époux. Homme, reste-lui cher. Et sache, ayant reçu cette enfant toute pure, La rendre un jour à Dieu sans ride et sans souillure. Echangez vos anneaux, car vous êtes unis. Par l'imposition des mains, je vous bénis.
HIPPIAS
O saint vieillard, un Dieu t'accompagne. Que dis-je? Tu parais un Dieu même. O faveur! ô prodige 1
11 convenait d'unir ces enfants, en effet.
Certes, ce que tu fis, ô prêtre, fut bien fait. Je tuerai le grand bœuf, honneur de mes étables, Et je ferai couler le vin sur douze tables. Au banquet nuptial, enfants, nous convierons Tous les pasteurs du bourg et tous les vignerons.
Préparez un festin, le festin funéraire. Prise au filet du Dieu, je n'ai pu m'y soustraire. Hélas! tu fus cruel de me tendre, ô vieillard, La vie et le bonheur, quand il était trop tard.
De quel mal, ô Daphné, te sens-tu menacée?
Ta main est dans la mienne et ta main est glacée 1
DAPHNÉ
Adieu, tousl apprêtez la myrrhe et le linceul. Croyais-tu donc, ami, que, fidèle à toi seul. J'aurais trahi ma mère et le Dieu pour te suivre? Croyais-tu que t' aimant je pouvais encor vivre? Je suis venue à toi, c'est que j'allais mourir. Hippias, je n'avais que ma mort à t'offrir. Tu connais le poison que les magiciennes