‹ PoésiesChapitre 33 sur 113 · LE REFUS · texte numérisé non relu

LE REFUS

Tant la beauté qui s'y reflète A d'orgueil et d'apaisement, Tant la somptueuse toilette Endort ses plis docilement,

Et tant cette forme savante Paraît d'elle-même aspirer A l'immobilité vivante Des choses qui doivent durer.

Pendant que cette créature.

Rebelle aux destins familiers, Divinise ainsi la Nature De sa chair et de ses colliers,

Le miroir lui montre, dans l'ombre, Son amant doucement venu, Au bord de la portière sombre, Ofl"rir son visage connu.

Elle se retourne sereine, Dans l'amas oblique des plis, Qu'en soulevant la lourde traîne Son talon disperse, assouplis,

Darde, sans pitié, sans colère, La clarté de ses grands yeux las, Et, d'une voix égale et claire.

Dit : « Non ! je ne vous aime pas. »

Février 1871.

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