‹ PoésiesChapitre 32 sur 113 · SUR SA NOUVELLE D «ARRIA MARCELLA · texte numérisé non relu

SUR SA NOUVELLE D «ARRIA MARCELLA

Li E creux d'un sein charmant que la cendre moula Fut la coupe où tu bus cette ivresse éloquente, Qui, sous l'étroit portique aux volutes d'acanthe. Fit surgir dans la pourpre Arria Marcella.

LEREFUS 93

LE %EFUS

i\v fond de la chambre élégante Que parfuma son frôlement, Seule, immobile, elle dégante Ses longues mains, indolemment.

Les globes chauds et mats des lampes Qui luisent dans l'obscurité, Sur son front lisse et sur ses tempes Versent une douce clarté.

Le torrent de sa chevelure, Où l'eau des diamants reluit, Roule sur sa pâle encolure Et va se perdre dans la nuit.

Et ses épaules sortent nues Du noir corsage de velours, Comme la lune sort des nues Par les soirs orageux et lourds.

Elle croise devant la glace.

Avec un tranquille plaisir, Ses bras blancs que l'or fin enlace Et qui ne voudraient plus s'ouvrir.

Car il lui suffit d'être belle :

Ses yeux, comme ceux d'un portrait,

Ont une fixité cruelle,

Pleine de calme et de secret ;

Son miroir semble une peinture Que quelque vieux maître amoureux Offrit à la race future, Claire sur un fond ténébreux.

Page 1