‹ PoésiesChapitre 48 sur 113 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

tA Henri Cazalis.

Un chemin entre Corîntlie et la mer. Tourné vers l'orient et ceint de myrtes, un petit temple dont le fronton porte, entre de belles figures mutilées, le monogramme de Jésus, grossièrement taillé. Une fontaine. Au fond, sur le coteau, les murs peints d'une maison et les arbres d'un verger. Des vignes. L'acropole de Corinthe toute blanche à l'horizon. C'est le soir : le soleil est bas dans le ciel calme. Le vieux pêcheur Olpis pose à terre ses paniers vides et s'assied sur un tertre.

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LE PÉCHEUR

La route est lente, hélas ! de la ville à la mer, Et la fatigue est prompte. Et le pain est amer

A qui le va gagner dans les cités avares.

Les poissons à présent, plus maigres et plus rares,

N'appesantissent plus ma nasse et mon filet,

D'où jadis une proie abondante roulait,

Espoir d'un riche gain, dans ma barque joyeuse.

Les Dieux n'assistent plus ma vie industrieuse.

Et voici que ce jour, en vidant mes paniers.

Les femmes de Corinthe avec leurs cuisiniers

N'ont sur mon étal nu laissé que treize oboles.

Car la femme est avide et fertile en paroles.

Les hommes sont mauvais, cet âge est dur; les Dieux

Ont quitté sans retour un peuple injurieux.

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