‹ PoésiesChapitre 50 sur 113 · PREMIÈRE PARTIE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE I

Pécheur (car tes paniers de joncs luisent couverts D'une écume marine et de goémons verts), Tu ne l'ignores pas : cette maison est celle Du vieil Hermas. Vit-il ?

LE PÉCHEUR

11 vit, mon fils, et scelle Dans des vases de terre antique un vin récent.

nippiAS.

Les Dieux gardent la paix à ton toit florissant 1 Mais as-tu vu Daphné, sa fille, en ses demeures? Dis si sa vie est douce et si les jeunes Heures Sur son front innocent passent d'un vol léger.

LE PÊCHEUR

Les Dieux la firent belle, ils l'aiment, étranger; Car la sainte pudeur la voile et la couronne. Elle est heureuse.

Ami, cette parole est bonne.

Ne peux-tu rien m'apprendre aussi de Kallista, Sa mère?

LE PECHEUR

Elle gémit d'un Dieu qu'elle irrita.

Mais il n'est pas prudent que le pauvre révèle A l'homme curieux une triste nouvelle.

Je dirai seulement qu'Apollon peut encor Contre une tête impie armer ses flèches d'or.

Il sort.

Oui, c'est Daphné, là-bas, étincelante et blanche 1 Cueillant sur le sentier des herbes, elle penche Sa taille et son beau col plus merveilleux à voir Que leur image errante en mes yeux clos, le soir. Je la vois, si longtemps désirée, et sa vue Verse en mes yeux l'effroi d'une chose inconnue. O Dieu qui me l'offrez à l'angle du chemin, Vous avez mis sur elle un charme plus qu'humain !

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