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DEUXIÈME PARTIE l

Mais les Dieux ne t'ont pas refusé la raison.

Or, une bonne épouse à qui plaît la maison

Se réjouit de voir croître les biens du maître.

Sois heureuse en ce jour comme il convient de l'être,

Car la vendange est belle. lo ! les raisins noirs

De leur chaude liqueur ont comblé mes pressoirs :

lacchos m'est ami. La demeure est en joie,

Quand le robuste dos des jeunes hommes ploie

Sous la hotte qu'emplit la vierge en souriant.

Les vierges ont de pampre orné leur front brillant.

Elles ponent aussi la pesante corbeille,

Mais leur pied au pressoir d'une plante vermeille

Ne foule pas la grappe, et les jeunes garçons

Font seuls jaillir le vin au rythme des chansons.

Car il sied de presser le raisin d'un pied ferme

Pour exprimer le jus onctueux qu'il renferme.

Les vieillards, quand leur lèvre a goûté le vin doux,

Sentent un feu subtil délier leurs genoux;

Ils dansent, agitant leur chevelure blanche.

La vierge au bois ombreux dort sur sa belle hanche.

Le jeune homme la cherche : lacchos l'a soumis

Et l'excite à des jeux qui ne sont pas permis.

Donc, réjouissons-nous des biens qu'un Dieu nous donne !

Et qu'avec nous Daphné, ma gloire et ma couronne,

Daphné, ma fille, honneur de mon front blanchissant.

Vienne éclairer ce jour d'un sourire décent.

KALLISTA

La véritable joie, Hermas, a l'apparence

De la tristesse humaine et croît dans la souffrance ;

Elle est intérieure et sainte. Il est écrit :

« Veillez, priez. Malheur à celui-là qui rit. »

Tu n'imiteras pas la veuve consolée

Qui va dans les festins et chante non voilée.

Daphné, ceinte de fleurs pour le banquet divin,

Aux coupes des Gentils ne boira pas le vin.

Hermas 1 Hermas! tu ris, tu chantes : le temps passe,

L'heure est proche... Mais nul n'est sauvé sans la grâce.

HERMAS

Je ne suis pas devin, et ton discours est tel Qu'il semblerait obscur à tout homme mortel. Sphinx même, vierge ailée en énigmes féconde, Enveloppait ses chants d'une ombre moins profonde. Peut-être un Dieu t'agite et trouble ta raison ; Peut-être tu languis d'un charme ou d'un poison.

Kallisia sort.

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