DEUXIEME PARTIE IJy
Un hôte m'en fit don, Libykos de Cirta, Quand, l'année où naquit ma fille, il apporta Du corail, de l'ivoire et du cuivre aux Hellènes, Et reçut en retour du vin noir et des laines.
Je vais sur le beau lit dormir tranquillement, O père, car Daphné m'a fait un grand serment.
Qu'un Dieu regarde, enfant, ton cher sommeil et l'orne D'heureux songes venus par la porte de corne.
// sort par une porte iiilérieure.
SCÈ'ME VII
IIIPPIAS.
Au lit hospitalier étendu les yeux clos,
Je crois sentir encor le bercement des flots.
J'entends les avirons fatiguer les eaux lourdes
Et les vents dans la voile enfler leurs plaintes sourdes.
lyÔ LES NOCES CORINTHIENNES
Je vois la glauque mer, le ciel clair, les caps bleus;
Je vois danser au loin les monstres fabuleux.
Mais à mes yeux confus une divine image
S'élève sur la poupe au vent céleste, et nage,
Et parmi les dauphins joue et flotte dans l'air,
Et fleurit sous ses pieds la grève au sable clair,
Fuit dans un blanc rayon, et des ombres émerge;
Car, par la volonté d'Éros, j'aime une vierge.
Croirai-je ce qu'a dit le vieillard? Et pourquoi
Le Dieu galiléen se levant contre moi.
Quand l'heure aux ailes d'or vient longtemps souhaitée
Me disputerait-il l'épouse méritée?
Je n'ai jamais fait tort à ce jeune Immortel,
Je n'ai point offensé son nom ni son autel.
Je n'ai point dit l'injure à ses prêtres austères.
Ni d'un œil sacrilège épié leurs mystères.
Ni parmi les tombeaux surpris leurs noirs repas.
Il ne peut me haïr : je ne le connais pas.
Daphné cependant pleure et languit en silence.
La douleur est impie alors qu'elle s'élance
Sur celles dont Cypris orne la jeune chair.
Mais les maux d'un ami nous le rendent plus cher.
C'est peut-être par moi que ce trouble est en elle;
Peut-être elle craignait mon absence éternelle.
Oubliant que les Dieux accordent le retour
A l'homme dont le cœur médite un chaste amour.