‹ PoésiesChapitre 87 sur 113 · DEUXIÈME PARTIE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE I

Les vapeurs de la mort et de la pestilence? Homme, es-tu pris de vin, et fais-tu violence A quelqu'une parmi celles que je conduis. Par la chaleur des jours et dans l'ombre des nuits, Vers la Cité céleste aux murailles vivantes? As-tu saisi de force une de mes servantes? Mais j'ai trop entendu que vous parliez tous deux, Et vos voix se mêlaient dans un concert hideux. Dieu I jusque sous mon toit le Démon de luxure A-t-il exaspéré de sa rouge morsure Une femme chrétienne au point de la plonger Rapide et d'un seul bond dans un lit étranger? A genoux, à genoux! quelle que tu sois, femme, Toi qu'un immonde esprit d'incontinence affame Et chasse au soir hurlante et chaude d'impudeur, Chienne dont le gosier aboie au chien rôdeur, Les lanières de cuir, le fouet très salutaire, Domptant soixante fois ta chair, la feront taire.

HIPPIAS

La majesté des ans éclate sur ton front. Femme, mais ton courroux s'est allumé trop prompt. J'ai reçu sous ce toit la couronne de lierre Et je n'ai point souillé la couche hospitalière. Une esclave n'a pas monté d'un pied léger,

Comme une empuse, au lit du pieux étranger. Je roulais en mon cœur une pensée honnête. Calme ton esprit, femme, et vois la chaste tête De ta fille que j'aime et qui m'aime.

KALLISTA

O stupeur 1 Mes regards sont voilés d'une infecte vapeur. Elle est là, je la voisl C'est toi, fille chrétienne? Un gentil sans mourir mit sa main sur la tienne. Abomination ! O Christ, où donc est tu ? Où dorment loin de nous ton glaive et ta vertu? Christ, regarde cet homme! ô Roi, regarde et frappe. Il a touché ta part, il a mordu ta grappe.

DAPHNÉ

Mère, si je ne vis avec lui, je mourrai.

KALLISTA

Homme impur, sacrilège, anathème au Dieu vrai, Je te chasse. Va-t'en de la maison fidèle ; Fuis et ne souffle pas tes poisons autour d'elle. Mais cours honteusement, la tête dans tes mains. Va chercher pour la nuit, au hasard des chemins,

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