‹ PoésiesChapitre 86 sur 113 · DEUXIÈME PARTIE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE I

Viens I... Mais non, malheureuse, hélas I qu'ai-je pu dire! J'ai parlé sans pudeur et j'étais en délire.

Vierge, il est sage et bon d'aimer l'époux promis Et de montrer un cœur ardent pour les amis. Certes nous tenterons la vaste mer : son onde, Belle comme l'amour et comme lui féconde, Portera doucement nos destins innocents Jusqu'au seuil protecteur où fumera l'encens. J'en atteste, ô Daphné, l'homme excellent, ton père.

O chef de la maison, ô maître en qui j'espère. Mon père vénéré, vieillard auguste et doux. Nous irons tous les deux embrasser tes genoux... Non, nous faisons un rêve, imprudents que nous sommes. L'espérance déçue accroît les maux des hommes. Ma mère ne peut pas délier son enfant ; Elle ne fera pas ce que la loi défend.

HIPPIAS

Ta mère n'est pas née insensible, farouche, Et le lait d'une femme a coulé dans sa bouche.

D'un impassible front, les Dieux, les Dieux cruels. Seuls, peuvent regarder la douleur : les mortels Connaissent la pitié que la souffrance enseigne. Quelle mère entendrait, sans que tout son cœur saigne L'enfant que dans l'attente elle a porté neuf mois Lui demander la vie une seconde fois?

Contre les pleurs ta mère est faible : elle est mortelle. Nous nous tiendrons tous deux prosternés devant elle. Nos cris, nos bras tendus, nos larmes parleront, Et la pitié tardive éclaircira son front.

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