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DEUXIÈME PARTIE

Et s'ouvrent. Voici l'heure, et le iléau de l'Ange De la paille et du grain discerne le mélange. Les célestes clairons déchirent l'univers. O ma fille I suis-moi : fuyons l'âge pervers. Vois-tu le Juge assis dans la rouge nuée?

O mère, laisse-moi I Mère, tu m'as tuée.

Et déjà sur mes yeux s'étend un voile épais.

J'embrasse le foyer pour y mourir en paix.

KALLISTA

Je vais prier sur nous et ceindre le cilice.

SCÈ'ME XII DAPHNÉ, puis LA NOURRICE,

Kharito, Kharito ! viens, ma vieille nourrice. Ecoute; tu connais Hippias de Théra...

Si tu n'écoutes pas, ta Daphné périra,

Et tu ne veux pas, toi, très bonne, que je meure.

Hippias est parti, chassé de la demeure.

Il a dû, puisqu'il m'aime, être lent à me fuir.

Le regret alourdit ses sandales de cuir,

Kharito l'excellente, ô nourrice, ô berceuse 1

Rends prompte en ma faveur ta jambe paresseuse.

Va vite ; suis ses pas empreints au sable fin,

Va vers la source en fleurs, cours, cherche, trouve enf

Et dis-lui qu'il m'attende au retour des étoiles.

Sur la route où les pins tendent leurs sombres voiles,

Devant le grand tombeau dont la porte est de fer.

Tu tardes ; hâte-toi, va, cours : le temps est cher.

LA NOURRICE

O mon enfant! j'irai, bien qu'il ne soit ni sage Ni glorieux pour moi de faire un tel message. Mais je t'aime ; et souvent, pour servir les amis, Il convient d'accomplir ce qui n'est pas permis.

DAPHNÉ

Cours et reviens. Je veux, souple au destin contraire, Faire un lit nuptial de mon lit funéraire.

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