‹ PoésiesChapitre 107 sur 341 · V. — Imité de Platon, Anal. I, p. 174, XXIX · texte numérisé non relu

V. — Imité de Platon, Anal. I, p. 174, XXIX

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ÉPÏGRAiMMES ill

Je vis, dès que j'entrai sous cet épais bocage, Son arc et son carquois suspendus au feuillage. Sur des monceaux de rose au calice embaumé 5

Il dormait. Un souris sur sa bouclie formé L'entr'ou^ rait mollement, et de jeunes abeilles Venaient cueillir 1(^ miel de ses lèvres vermeilles.

« Virginité chérie ! ô compagne innocente !

Où vas-tu ! Je te perds ; ah ! tu fuis loin de moi !

— Oui, je pars loin de toi ; pour jamais je m'absente,

Adieu. C'est pour jamais. Je ne suis plus à toi. »

aÙTOç 8' £v xa),0x£'ï(7i pôSwv ueTceÔYipiÉvo? utivo) E'joev (jL£t5t6c.)v • ÇouOat ô' èçÛTrepOe [léliaaai xYjpoj^yTOiç èvTÔ; XapoT; inl y^eiXeo-i jBaTvov. Ronsard, //m. II, ii, se souvenait sans doute de Platon, ([uand il disait à Marie :

Marie, vous avez la joue aussi vormeille

Qu'une rose de may ; .

Quand vous estiez petite, une mignarde abeille

Dans vos lèvres forma son nectar savoureux.

VI. — André, comme on le sait, composa à seize ans cette pièce, imitée de Sapplio. Voici les vers de Sapplio, conservés par Démétrius de Phalère, de Elocut. CXL : IlapÔcvîa, TrapOsvîa, tioÏ [xe XiTtoTaa oî^r, ; oùxét' îîIw Ttpôç at, oùxét' r^u>.

Démétrius, en citant ce fragment, nous donne son jugement : « Al ôè àuo xJiv <5yt\- [jL(xxa)v yâpixe; oriXat elai xai uXeiaTat uapà XaTtcpot' olov èx xy^ç àvaonvXwaew; tto'j vû|i5Yi upô; TViv Trapôsviav çriaî. » Sans doiite les vers de Chénier n'ont pas la rapidité concise de ceux de Sappho; la rime lui a demandé quatre vers au lieu de deux. Mais on doit remarquer le goût d'André, (]ui déjà s'attaclie à la forme; car, (ju'il ait lu Démétrius ' ou qu'il obéisse à son inslinct de poète, il est évident qu'il cherclie à rendre ces répétitions qu'admire le critique grec.

(■) Ces vers de Sappho manquent dans les Analecta de Brunck.

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