‹ PoésiesChapitre 113 sur 341 · VII. — V. 'i. Virçile, (icor'i. IV, O'i · texte numérisé non relu

VII. — V. 'i. Virçile, (icor'i. IV, O'i

Tinnitns cie et Matris (|uate cyiiil)ala circuni. Ipsae consident medicatis scdibiis; ipsx Intima more suo sese in cunabula condont. Ces vers de Virgile ont fourni une belle comparaison à Lncaiii, Pitars. IX, 284, et à Claudien, Six. Cons. d'Honorius, 259.

V. 10. C'est ainsi que Virgile, Géorg. IV, 557, nous nu)iitre les abeilles :

Arbore siimma

Conflucre, et Icntis uvam demittere raniis. Détail sur le(|U('l il revient clans VEnéide, VII, 6fi :

Kl, pedibiis pcr miitiia nexis .

K\anicii subilnni ramo frondentc popendit. Va' (|ui nous ramène jusqu'à Homère, Iliade, II, 8G :

'HTtEffaeOovTo ôè Xaoî.

'll'JTc ë6v£a £t<Ti |A£),t(T(7â(i)v àStvâwv , TiÉTpYiç £x yXacpypvi; àel véov £py 0(XEvà(.)v , [ioTpuôôv 6à TTÉTovxai i-K «vOîffiv elapivoiaiv.

Debout sur ses genoux, mon innocente main Parcourait ses cheveux, son visage, son sein, Et sa main quelquefois, aimable et caressante, 5

Feignait de châtier mon enfance imprudente. C'est devant ses amants, auprès d'elle confus, Que la fière beauté me caressait le plus. Que de fois (mais, hélas! que sent-on à cet âge?) Les baisers de sa bouche ont pressé mon visage ! 10

Et les bergers disaient, me voyant triomphant : « O que de biens perdus ! O trop heureux enfant! »

Toujours ce souvenir m'attendrit et me touche. Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche,

VIII. — V. 5-6. Combien, chez des natures différentes, les mêmes impressions sont douces pour les uns, amères pour les autres ! Dans ce détail poéticiue, il n'y a qu'une volupté très-ieuneet très-chaste; mettez ce détail dans la bouche de J.-J. Rousseau, et, au souvenir des châtiments de mademoiselle Lambercier, le sang du philosophe bouillonnera d'une volupté terrible. Voy. Confess. 1,1.

IX. — Tableau ravissant et complet, qui a déjà dû tenter plus d'un peintre , plus d'un sculpteur. Quelques sujets très-peu nombreux sont ainsi sur la limite des trois arts. Ce petit morceau est peut-être dû à un souvenir de Gessner, Lrcas et Milon : « Lorsque je balbutiais encore, assis sur les genoux de mon père, s'il jouait quelque air sur son chalumeau, je l'écoutais dès lors avec attention, et je bégayais l'air après lui, ou bien je lui tirais, en souriant, sa flûte de la bouche, et je formais des sons dissonants. » Longus, Daphnîs et Chloé, II, trace avec bien moins de bonheur le tableau de Philétas apprenant à jouer de la flûte aux jeunes bergers. On pourrait rapprocher aussi de ce vers un passage délicieux de Stacc, Achill. I, 572, où le poète dépeint les jeux d'Achille et de Déidamie :

• Modo dulciy notEE

Fila lyra" , tenuesqiie modes , et carmina nionstiat Chironis, diicitquc manum, digitosque soiianti Infringit citharac : nunc occupât ora canentis , Et ligat amplcxus, et mille pt-r oscula laiidat. On a déjà justement remarqué la science avec laquelle, dans ces vers, André a

Riant et m'asseyant sur lui, près de son cœur.

M'appelait son rival et déjà son vainqueur.

Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sûre à

A souffler une haleine harmonieuse et pure ;

Et ses savantes mains prenaient mes jeunes doigts,

Les levaient, les baissaient, recommençaient vingt fois.

Leur enseignant ainsi, quoique faibles encore,

A fermer tour à tour les trous du buis sonore. 10

Je sais, quand le midi leur fait désirer l'ombre , Entrer à pas muets sous le roc frais et sombre, D'où parmi le cresson et l'humide gravier La naïade se fraye un olilique sentier. Là j'épie à loisir la nymphe blanche et nue Sur un banc de gazon mollement étendue, Qui dort, et sur sa main, au murmure des eaux. Laisse tomber son front couronné de roseaux.

vainc» la difficulté d'exprimer ces détails. .I.-IJ. Rousseau, Pal. cl Daph. Eglogue, a moins bien dit :

Mais toi , disciple licuri'iix do ces mailrcs vantes,

J'ai vu que de tes sons nous étions enchantés ,

Quand, sous tes doigts légers, l'air, trouvant un passage,

Exprimait les accents dont ils traçaient l'image. La pensée du dernii'r vers de Rousseau est obscure, (i'esl au eonlraire par la sobriété d'images et par la simplicité qu'André a vaincu la dilTieulté.

X. — V. 1 et suiv. Imité de Gessner, à Dapliné : » Souvent ma muse se cache dans l'épaisseur des bois pour écouler les dryades et les satyres aux pieds de chèvre; elle épie, dans les grottes les nymphes couronnées de roseaux. »

L'impur et fier époux que la chèvre désire

Baisse le front, se dresse et cherche le satyre.

Le satyre averti de cette inimitié

Affermit sur le sol la corne de son pied ;

Et leurs obliques fronts lancés tous deux ensemble

Se choquent; l'air frémit, le bois s'agite et tremble.

Voilà ce que chantait aux naïades prochaines Ma muse jeune et fraîche, amante des fontaines, Assise au fond d'un antre aux nymphes consacré. D'acanthe et d'aubépine et de lierre entouré. L'Amour, qui l'écoutait caché dans le feuillage, Sortit, la salua sirène du bocage. Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés

XI. — Ce petit tableau a une Iielle couleur poétique ; André s'est heureusement rencontré avec Oppien, Virgile et Thomson. Voyez Oppien, Chasse, II, 334, et Thomson, Spring, au moment où le taureau aperçoit sou rival. Virgile, Géorg. 111, 222, décrit ainsi le combat des deux taureaux :

Versaque in obnixos urgentiir corniia vasio

Cura gemitu : rcbnant silvaeque et magnus Olympus.

XII. — Imité de Gessner, à Dapliné : <c Souvent aussi l'Amour vient surprendre ma muse; tantôt dans des grottes vertes, tissues de branchages touffus, tantôt près des ruisseaux ombragés de saules, il écoute ses chants et couronne sa chevelure flottante, quand elle célèbre la tendresse et les doux plaisirs. »

V. 6. « Sirène, » chanteuse enchanteresse. Ce mot, comme quelquefois Sirett en latin , est pris au figuré, mais non pas métaphoriquement.

D'hyacintlie et de myrte en couronne tressés :

« Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,

« Autant que le cytise à la mielleuse abeille. » lO

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