‹ PoésiesChapitre 112 sur 341 · EUPHROSYNE · texte numérisé non relu

EUPHROSYNE

Ah ! ce n'est point à moi qu'on s'occupe de plaire.

Ma sœur plus tôt que moi dut le jour à ma mère.

Si quelques beaux bergers apportent une fleur,

Je sais qu'en me l'offrant ils regardent ma sœur ;

S'ils vantent les attraits dont brille mon visage, 5

Ils disent à ma sœur : « C'est ta vivante image, w

Ah ! pourquoi n'ai-je encor vu que douze moissons ?

Nul amant ne me flatte en ses douces chansons ;

Nul ne dit qu'il mourra si je suis infidèle.

Mais j'attends. L'âge vient. Je sais que je suis belle. lo

Je sais qu'on ne voit point d'attraits plus désirés

Qu'un visage arrondi, de longs cheveux dorés,

Dans une bouche étroite un double rang d'ivoire,

Et sur de beaux yeux bleus une paupière noire.

V. — V. 7. Ce passage rappelle les vers déjà cités de Properce :

Quod si forte tiios vidissct Glaucus ocellos Esses lonii facla puella maris.

V. 10. (i Galattc, « lille de Doris et de Nérée, aimée de Polyjiliènie. (Lucien,

Dial. mar.l; Ovide, Met. XIII, 738.)

A compter nos brebis je remplace ma mère ;

Dans nos riches enclos j'accompagne mon père ;

J'y travaille avec lui. C'est moi de qui la main,

Au retour de l'été, fait résonner l'airain

Pour arrêter bientôt d'une ruche troublée, 5

Avec ses jeunes rois, la jeunesse envolée.

Une ruche nouvelle à ces ])eup]es nouveaux

Est ouverte ; et l'essaim, conduit dans les rameaux

Qu'un olivier voisin présente à son passage.

Pend en grappe bruyante à son amer feuillage. 10

J'étais un faible enfant qu'elle était grande et belle Elle me souriait et m'appelait près d'elle.

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