‹ PoésiesChapitre 129 sur 341 · LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES

Ainsi, courant partout sous los nouveaux ombrages, ,lo vais chantant Zéphyr, les nymphes, les bocages, Et les fleiM-s du printemps et leurs riches couleurs, Et mes belles amours, plus belles que les fleurs.

Jeune fille, ton cœur avec nous veut se taire. Tu fuis, tu ne ris plus ; rien ne saurait te plaire. La soie à tes travaux offre en vain des couleurs ; L'aiguille sous tes doigts n'anime plus des fleurs. Tu n'aimes qu'à rêver, muette^, seule, errante. Et la rose pâlit sur ta bouche mourante.

un rapprocliemenl curieux. Antipater Thessalonicus dit dans une épigramme, ^«a/. II, p. IIG.XXX :

l\pxel TÉTTiYaç [leôyiiai Spôtroç • àXXà tiiovts;

àîîôeiv xuxvMv elai ysycùvoTcpoi.

"Q; xat àoiSo; àvY)p, ^evîuv x*P'^> àvTaTroSoùvat u[j.vo"j; eùépXTaiî; olSs, x. x. 1.

D'un rien, d'une fleur, d'une goutte de rosée, dit André, le poète, comme la cigale, s'enivre et chante ; en retour du moindre présent, dit Anlipater, le poète trouve des vers harmonieux. Un intervalle immense sépare l'épigramme d' Antipater de l'élégie d'André : les âmes des poètes reflètent les temps où ils vivent. André ne s'inspire que de la nature; la dignité, la liberté respire dans ses vers; dans Antipater, on sent le mime, l'histrion, le flatteur du siècle d'Auguste, qui n'a pas honte de vendre aux grands ses hymnes avilis : car ?£vîa, ce sont les présents, les faveurs que les grands distribuent à leurs hôtes familiers , les miettes qui tombent de la table des grands. V. 21. Éd. 1839 :

Ainsi, courant partout sous les nombreux ombrages. Nous avons vérifié le texte de cette élégie sur le manuscrit que possède M. P. Laci'oix.

Page 1