V. 35. Horace, Sat. II, vi
Hoc erat in votis : iiiodus agri non ita magnas
Hortus ubi, et tecto vicinus jugis aquœ fons.
Et paulum s>lv;e super his foret , etc.
Et plus loin, au v. GO de la même satire :
O rus, quando ego te adspiciam ? quandoque licebit Nunc veterum libris, nunc somno et inertibus horis Ducere sollicilée jucunda oblivia vit»?
V. 4y-G2. [Qui va s'asseoir ainsi au déclin du jour sur le peiicliant de la uiontague, pour voir le soleil se coucher dans la plaine ,
Dont le tubleau changeant se déroule à ses pieds ? Qui décrit avec une simplicité si [Pénétrante le charme du soirP Qui surprend une ressemblance entre le calme du fleuve et la paix de l'àme ? Qui cherche ainsi les secrètes harmonies de la nature et de l'homme ? Ce n'est pas Horace , c'est plutôt
Des autres, des forêts déesse tutélaire, 50
Qui vient d'une insensible et charmante langueur
Saisir l'aini des champs et pénétrer son cœur,
Quand, sorti vers le soir des grottes reculées,
Il s'égare à pas lents au penchant des vallées.
Et voit des derniers feux le ciel se colorer, 55
Et sur les monts lointains un beau jour expirer-.
Dans sa volupté sage, et pensive et muette,
Il s'assied, sur son sein laisse tomber sa tète.
Il regarde à ses pieds, dans le liquide azur
Du fleuve qui s'étend comme lui calme et pur, 60
Se peindre les coteaux, les toits et les feuillages,
Et la pourpre en festons couionnant les nuages.
Il revoit près de lui , tout à cou]) animés.
Ces fanlômes si beaux, à nos pleurs tant aimés ,
Dont la troupe immortelle habite sa mémoire : 66
Julie, amante faible et tombée avec gloire ;
Clarisse, beauté sainte où respire le ciel,
Dont la douleur ignore et la haine et le fiel.
Qui souffre sans gémir, qui périt sans nunmure ;
Clémentine adorée , àme céleste et pure, 70
Qui, parmi les rigueurs d'une injuste maison,
Ne perd point l'innocence en perdant la raison.
Mânes aux yeux charmants, vos images chéries
Accourent occu])er ses belles rêveries;
Ses yeux laissent tomber une larme. Avec vous 75
Il est dans vos foyers, il voit vos traits si doux.
M. de Lamartine. Cliéiiicr, luirli du lioc crai. in volis, aboutit à la i)ieinièrf médilatioii. Voilà la rêverie véritaiile, voilà la mélancolie. Rigault, Étude sur Horacr\. V. G6, (il, 70. » Ju/if, » héroïne de la Nouvelle Héloise de Rousseau; « Clarisse, Clémciiline, » de deux romans de Rirhardson : C/nrisse ffar/cnvc ci Grarulisson.