V. 39 et suiv, Proper^e, III, ii
Orphea delinisse feras, et concita dicunt Fluraina Threicia sustinuisse lyra ;
Se pressaient, nous dit-on, sur les traces d Orpliée ; 40
Des murs, fds de la lyre, ont gardé les Thébains;
Arion à la lyre a du de longs destins.
Je lui dois des plaisirs : j'ai vu plus d'une belle,
A mes accents émue, accuser l'infidèle
(^ui me faisait pleurer et dont j'étais trahi, 45
Et souhaiter l'amour de qui le sent ainsi.
Mais, dieux ! que de plaisir quand, muette, immobile.
Mes chants font soupirer ma naïve Camille ;
Quand mon vers, tour à tour humble, doux, outrageant.
Éveille sur sa bouche un sourire indulgent ; 50
()uand , ma voix altérée enflammant son visage.
Son baiser vole et vient l'arrêter au passage!
Oh! je ne quitte plus ces bosquets enchanteurs
Où rêva mon Tibulle aux soupii's séducteurs.
Où le feuillage encor dit Corinne charmante, 5.s
Où Cynthie est écrite en l'écorce odorante,
S.ixa CittiaeronisTJifbas iigifatii per jiteiu
Spoiite sua in mûri membra coisse feriint ; Quin etiam, l'olyplicnie , fera Galatoa siih .Elu:!
Ad tua roranli's carmina flexit cquos : Miremur, nnbis et Bacclio et Apolline dextro,
Turba puellaruni si mea verba colit ?
Les uiouts Ripliéa.'i étaient au nord de la Tlirace; mais leur place n'était pas nettement déterminée; c'était un pays un peu fabuleux. Voy. Strabon , VII, m, 1 et C ; Apollonius, Arg. 28'i et Se /toi ; Damastes (ap. Steplian. Hyz.); Hécate d'Abdère (iElien, IL «. XI, i).
V. 41. Thèbes , fondée par ('adnuis , fut agrandie par Zéllius et par Amphion , qui, dit-on, amenait les pierres au son de la lyre (voy. ApoU., Ar>>-. I, 735). V. 4G. Ovide, Am. Il, xvii, 27 :
Simt niihl pro inagno fclieia carmina ccnsii ,
I'",t niulta: pcr me nomen liaberc voliint. Novi aliquani, quae se eircuinferat esse (".orinnam. Segrais, É^rl, J, imitant Virgile, Égl. II, 35 :
Que n'eût pas fait Iris, pour en appremlre autant ;■ V. 5i. Boileau, /irt /wJt. II, a dit :
Amour dictait les vers (|ne soupirail Tibulle. V. 55, 50. « Corinne, » la muse d'Ovide; « Cynt/iic, » la imise de l'roperc (cf. Prop. I, XVIII, 21).
LIVUK I - Mh'DlïATïONS — VOYAGES 153
Où les sentiers traneais ne me coiiduisaient pas, Où mes pas de Le Brun ont rencontré les pas.
Ainsi, que mes écrits, enfants de ma jeunesse,
Soient un code d'amour, de plaisir, de tendresse; go
Que partout de \ énus ils dispersent les traits;
Que ma voix, ([ue mon âme y vivent à jamais ;
Qu'une jeinie beauté, sur la plume et la soie.
Attendant le mortel qui fait toute sa joie,
S'amuse à mes chansons, y médite à loisir 65
Les baisers dont bientôt elle veut l'accueillir.
Qu'à bien aimer tous deux mes chansons les excitent;
Qu'ils s'adressent mes vers, qu'ensemble ils les récitent;
Lassés de leurs plaisirs, qu'au feu de mes pinceaux
Ils s'animent encore à des plaisirs nouveaux; 70
Qu'au matin sur sa couche, à me lire empressée,
Lise du cloître austère éloigne sa pensée ;
Chaque bruit qu'elle entend, que sa tremblante main
Me glisse dans ses draps et tout près de son sein ;