‹ PoésiesChapitre 141 sur 341 · LIVRE I — MÉDITATIONS— VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I — MÉDITATIONS— VOYAGES

Au ris mêlé de pleurs, aux longs cheveux épars, Belle, levant au ciel ses humides regards. Sur un axe brillant c'est moi qui la promène Parmi tous ces palais dont s'enrichit la Seine ; 20

Le peuple des Amours y marche auprès de nous ; La lyre est dans leurs mains , cortège aimable et doux, Qu'aux fêtes de la Grèce enleva l'Italie , Et ma fière Camille est la sœur de Délie. L Elégie, ô Le Brun , renaît dans nos chansons, 25

Et les Muses pour elle ont amolli nos sons. Avant que leur projet, qui fut bientôt le nôtre. Pour devenir amis nous offrît l'un à l'autre, Elle avait ton amour comme elle avait le mien ; Elle allait de ta lyre implorer le soutien. 30

Pour montrer dans Paris sa langueur séduisante. Elle implorait aussi ma lyre complaisante. Femme, et pleine d'attraits, et fdle de Vénus, Elle avait deux amants l'un à l'autre incoiuius. J'ai vu qu'à ses faveurs ta part est la plus belle ; 35

Et pourtant je me plais à lui rester fidèle, A voir mon vers au rire, aux pleurs abandonné, De rose ou de cyprès par elle couronné. Par la lyre attendris, les rochers du Riphée

V. 17. Expressions consacrées pour peindre la Muse de l'élégie. Boileau, ^/7 ytwt'7. :

La plaintive Élégie , en longs habits de deuil. Sait , les cheveux épars, gémir sur un cercueil. Gentil Bernard, Art d'aimer, II :

Les yeux en pleurs et les cheveux épars , Levant au ciel le feu de ses regards.

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