‹ PoésiesChapitre 146 sur 341 · LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES

Le cœur qui n'aime rien a beau les implorer,

Leur troupe qui s'enfuit ne veut pas l'inspirer.

Qu'un amant les invoque, et sa voix les attire ; 15

C'est ainsi que toujours elles montent ma lyre.

Si je chante les dieux ou les héros, soudain

Ma langue balbutie et se travaille en vain ;

Si je chante l'Amour, ma chanson d'elle-même

S'écoule de ma bouche et vole à ce que j'aime. 20

VU

Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours Sur le sein d'une belle en arrêter le cours ! Qu'au milieu des langueurs, au milieu des délices, Achevant de Vénus les plus doux sacrifices.

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V. 20. L'imitation que Ronsard a faite de l'idylle de Bion se termine ainsi : Mais quand je veux d'amour ou escrire ou parler, Ma langue se dénoue , et lors je sens couler Ma chanson d'elle-même aisément en la bouche. Avec les mêmes expressions, André atteint à une pureté de style inconnue à Ronsard. Vil. — Imité d'Ovide, Jm. II, X, 29 :

Félix, quem Veneris certamina mutua rumpunt I

Di faciant , Icti causa sit ista mei I

At mihi contingat Veneris languescere motu ,

Quum moriar, médium solvar et inter opus : Atque aliquis nostro lacrimans in funore dicat : . Conveniens vita; mors fuit ista sus. Ronsard, Àm. I, XLVi :

Je veux mourir es amoureux combats.

Laissant l'amour qu'au cœur je porte enclose , Toute une nuit au milieu de tes bras.

Ronsard, yfm. I, Lxxix, imite plus directement Ovide; mais, dans la pensée et dans l'expression, il reste beaucoup trop au-dessous de son modèle.

Mon âme, sans efforts, sans douleurs, sans comlîats, 5

Se dégage et s'envole, et ne le sente pas !

Qu'attiré sur ma tombe, où la pierre luisante

Offrira de ma fin l'image séduisante,

Le voyageur ému dise avec un soupir :

« Ainsi puissé-je vivre et puissé-je mourii- ! » 10

A DR PANC.F.

De Pange, le mortel dont 1 âme est innocente, Dont la vie est paisible et de crimes exempte. N'a pas besoin du fer qui veille autour des rois,

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