‹ PoésiesChapitre 171 sur 341 · LIVRE I —MÉDITATIONS — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I —MÉDITATIONS — VOYAGES

(Champêtre possesseur, clans mon humble chaumière Offrir à mes amis une ombre hospitalière ; lo

\'oir mes lares charmés, pour les bien recevoir, A de joyeux banquets la nuit les faire asseoir ; Kt là nous souvenir, au milieu de nos fêtes, Combien chez eux longtemps, dans leurs belles retraites, Soit sur ces bords heureux, opulents avec choix, ir>

Où Montigny s'enfonce en ses antiques bois, Soit où la Marne lente, en un long cercle d'îles. Ombrage de bosquets l'herbe et les prés fertiles. J'ai su, pauvre et content, savourer à longs traits Les muses, les plaisirs, et l'étude et la paix. 20

Qui ne sait être pauvre est né pour l'esclavage. Qu'il serve donc les grands, les flatte, les ménage ; Qu'il plie, en approchant de ces superbes fronts. Sa tête à la prière, et son âme aux affronts, Pour qu'il puisse, enrichi de ces affronts utiles, 2:1

Enrichir à son tour quelques têtes serviles. De ses honteux trésors je ne suis point jaloux. Une pauvreté libre est un trésor si doux ! Il est si doux, si beau, de s'être fait soi-même. De devoir tout à soi, tout aux beaux-arts qu'on aime ; 30 Vraie abeille en ses dons, en ses soins, en ses mœurs,

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