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.l'ai suivi les conseils d'ime triste sagesse.
Je suis donc sage enfin ; je n'ai plus de maîtresse.
LivuK I -MÉDITATIONS — VO YACKS m
Sois satisfait, mon cœur. Sur un si noble appui Tu vas dormir en paix dans ton sublime ennui. Ouel dégoût vient saisir mon âme consternée, s
Seule dans elle-même, hélas ! emprisonnée '^ \ iens, o ma lyre ! o toi mes dernières amours (Innocentes du moins) ; viens, o ma lyre, accours. Chante-moi de ces airs cju'à ta voix jeune et tendre Les lyres de la Grèce ont su jadis apprendre. Quoi ! je suis seul ? O dieux ! où sont donc mes amis.' \h ! ce cœur qui, toujours à l'amitié soumis D'étendre ses liens fit son besoin suprême, Faut- il l'abandonner, le laisser à lui-même ? Où sont donc mes amis ? Objets chéris et doux 1 i-S
Je souffre, 6 mes amis ! Ciel ! où donc êtes-vous ? A tout ce qu'elle entend, de vous seuls occupée, 13e chaque bruit lointain mon oreille frappée Écoute, et croit souvent reconnaître vos pas ; Je m'élance, je cours, et vous ne venez pas! 20
Ah ! vous accuserez votre absence infidèle,
Quand vous saurez qu'ainsi je souffre et vous appelle.
Que je plains un méchant ! Sans doute avec effroi
XXIII. — V. 18. Tibulle, 1, vili, G5, dans l'altente de sa maîtresse s'écrie aussi : Dum mihi venturam fingo, quodcumque movetur, Illius credo tune sonuisse pedera.
Et Berlin, Âm. III, vu, imilanl Tibulle :
J'écoute alors, j'écoute; et si le moindre bruit Frappe mon oreille attentive, Je crois sous tes pieds délicats Entendre à mon côlé le parquet qui rësounc. On ne peut s'empêcher de remarquer dans Berlin H ses pareils l'impropriété constante des termes et souvent même la vidgarité *.
(•) C'est ainsi que dans cette même élégie Hertin, croyant traduire U' pcdibus prxtcntat iter. s„spensn timoré, de Tibulle, II, i, 77, nous montre sa maîtresse suspoulml sur Vorteil une jiimbe craintive!
Il porte à tout moment les yeux autour de soi ;
Il n'y voit qu'un désert ; tout fuit, tout se retire. 25
Son œil ne vit jamais de bouche lui sourire ;
Jamais, dans les revers qu'il ose déclarer,
De doux regards sur lui s'attendrir et pleurer.
Oh ! de se confier noble et douce habitude !
Non, mon cœur n'est point né pour vivre en solitude : 30
Il me faut qui m'estime, il me faut des amis
A qui dans mes secrets tout accès soit permis ;
Dont les yeux, dont la main dans la mienne pressée
Réponde à mon silence, et sente ma pensée.
Ah ! si pour moi jamais tout cœur était fermé, 35
Si nul ne songe à moi, si je ne suis aimé,
Vivre importun, proscrit, flatte peu mon envie.
Et quels sont ses plaisirs, que fait-il de la vie.
Le malheureux qui, seul, exclu de tout lien,
Ne connaît pas un cœur où reposer le sien ; 40
Une âme où dans ses maux, comme en un saint asile.
Il puisse fuir la sienne et se rasseoir tranquille;
Pour qui nul n'a de vœux, qui jamais dans ses pleurs
Ne peut se dire : « Allons, je sais que mes douleiu's
Tourmentent mes amis, etquoiqu'en mon absence 45
Us accusent mon sort et prennent ma défense? »
V. 12. Lucrèce, III, 1081, \oulant peindi-e les désirs changeants de Tlioniine pour lout ce qui peut lui faire oublier ses propres misères, dit avec la même expression (ju'André : « Hoc se quisque modo lugit. » Cf. Séuèque, de Tra/nj. a/iim. II. — Horace, Od. II, xvi :
Patrise quis cxsul
Se quoqiie fugit ?
Dans Racine, Eslh. 1, l, Esther dit, exprimant la pensée contraire : Lasse de vains honneurs, et tnc cherchant moi-mèmv.