LIVRE II — LYCOHIS
A décliirer un cœur qui n'adorait que vous? Amis, pardonnez-lui ; que jamais vos injures \'osent lui reprocher ma mort et ses parjures : Je ne veux point pour moi que son cœur soit blessé, Ni que pour l'outrager mon nom soit prononcé. 20
(]es amis m'étaient chers ; ils aimaient ma présence.
Je ne veux qu'être seul, je les fuis, les offense.
Ou bien, en me voyant, chacun avec effroi
Balance à me connaître et doute si c'est moi .
Est ce là cet ami, compagnon de leur joie, 25
A de jeunes désirs comme eux toujours en proie,
Jeune amant des festins, des vers, de la beauté ?
Ce front pâle et mourant, d'ennuis inquiété.
Est celui d'un vieillard appesanti par l'âge,
Et qui déjà d'un pied touche au fatal rivage. 30
Sans doute, Lycoris, oui, j'ai fini mon sort
Quand tu ne m'aimes plus et souhaites ma mort.
Amis, oui, j'ai vécu ; ma course est terminée.
(Chaque heure m'est un jour, chaque jour une année ;