‹ PoésiesChapitre 199 sur 341 · V. 15. Éd. 182fi et · texte numérisé non relu

V. 15. Éd. 182fi et

Mais piésenle, à ses pieds m'attendent les ligueurs. V. 10. Éd. 1826 et 18:j9 :

Et, pour les songes vains, de réelles donleuis.

Heureux qui, tourmenté de flammes inquiètes.

Peut du Permesse encor visiter les retraites.

Et, loin de son amante égayant sa langueur, 1 5

Calmer par des chansons les troubles de son cœur !

Camille, où tu n'es point, moi je n'ai pas de Muse.

Sans toi, dans ses bosquets Hélicon me refuse ;

Les cordes de la lyre ont oublié mes doigts,

Et les chœurs d'Apollon méconnaissent sa voix. 20

Ces regards purs et doux, que sur ce coin du monde

Verse d'un ciel ami l'indulgence féconde,

]\ éveillent plus mes sens ni mon âme. Ces bords

Ont beau de leur Cybèle étaler les trésors ;

('es ombrages n'ont plus d'aimables rêveries, 25

Et l'ennui taciturne habite ces prairies.

ïu fis tous leurs attraits : ils fuyaient avec toi

Sur le rapide char qui t'éloignait de moi.

Errant et fugitif, je demande Camille

A ces antres, souvent notre commun asile ; 30

Ou je vais te cherchant dans ces murs attristés.

Sous tes lambris, jamais par moi seul habités.

Où ta harpe se tait, où la voûte sonore

Fut pleine de ta voix et la répète encore ;

Où tous ces souvenirs cru(4s et précieux 35

vin. — V. 17. Pioperçe, H, XXX, 40 :

Xiim sine le nosiniui non valcl iDucniiini. Virgile, É^l. V, U :

Postquam te fata tiilenint

Ipsa Pales agros atqiic ipsc rcliquit Apollo V. 20. Éd. 1826 et 1839:

l'.l les clireiir» d'Apollon mcroniiaissciit ma \oiv. (l'est l;i voix de la lyre (|iie niécoiinaissent les rhd'iirs d'Apollon.

V. 24-2S. Quel poêle n'a point exprimé cette pensée.!* Voyez, comme exemples, Théonife, Id. VIII, 41 ; Virgile, Éf^rl. VII, .'i.'i; Calpurnins, IX, 4'( ; Marot, /%. III; Segrais, Egl. I et V; Raean, Stances à tics Fontaines, etc.

LIVRE II — CAMILLE D'un humide nuage obscurcissent mes yeux. Mais pleurer est amer pour une belle absente ; Il n'est doux de pleurer qu'aux pieds de son amante , Pour la voir s'attendrir, caresser vos douleurs Et de sa belle main vous essuyer vos pleurs , Vous baiser, vous gronder, jurer qu'elle vous aime, Vous défendre une larme et pleurer elle-même.

Eh bien ! sont-ils bien tous empressés à te voir ^

\s-tu sur bien des cœurs promené ton pouvoir?

Vois-tu tes jours suivis de plaisir et de gloire, 45

Et chacun de tes pas compter une victoire ?

Oh! quel est mon bonheur si, dans un bal bruyant,

Quelque belle tout bas te reproche en riant

D'un silence distrait ton âme enveloppée.

Et que sans doute ailleurs elle est mieux occupée ! 50

Mais, dieux ! puisses-tu voir sous un ennui rongeur

De ta chère beauté flétrir toute la fleur.

Plutôt que d'être heureuse à grossir tes conquêtes,

D'aller chercher toi-même et désirer des fêtes,

Ou sourire le soir, assise au coin d'un bois, 55

V. 37. L'inversion rend la pensée de ce vers obscure; André veut dire que les pleurs que l'on verse pour une belle absente sont amers ; s'il était permis de supprimer la conjonction mais, on pourrait heureusement corriger ce vers ainsi :

Amer est de pleurer pour une belle absente. La pensée est de Properce, \, xii, 15 :

Félix , qui potuit praesenti flere puellx : Non nihil adspersis gaudet amor lacrymis. V. 52. Éd. 1826 et 1839 :

De ta chère beauté sécher toute la fleur. André emploie avec intention /ZcV/*//- au neutre pour se flétrir; il l'avait remarqué dans Malherbe (p. 2), qui a dit :

Et vos jeunes beautés flétriront comme l'herbe. V. 55-58. Properce, I, xi, 13, s'écrie, en pensant à Cynthie, retenue loin de lui aux eaux de Baies :

Quam vacet alterius blaiidos audire susurres

GO

Aux éloges rusés d'une flatteuse voix,

Comme fout trop souvent de jeunes infidèles,

Sans songer que le ciel n'épargne point les belles.

Invisible, inconnu, dieux! pourquoi n'ai-je pas

Sous uii voile étranger accompagné tes pas ?

J'ai pu de ton esclave, ardent, épris de zèle.

Porter, comme le cœur, le vêtement fidèle.

Quoi ! d'autres loin de moi te prodiguent leurs soins,

Devinent tes pensers, tes ordres, tes besoins !

Et quand d'âpres cailloux la pénible rudesse «5

Ue tes pieds délicats offense la faiblesse,

Mes bras ne sont point là pour presser lentement

Ce fardeau cher et doux et fait pour un amant!

Ah ! ce n'est pas aimer que prendre sur soi-même

Do pouvoir vivre ainsi loin de l'objet qu'on aime. 70

Il fut un temps, Camille, où, plutôt qu'à me fuir.

Tout le pouvoir des dieux t'eiit contrainte à mourir !

Et puis d'un ton charmant ta lettre me demande

Ce que je veux de toi, ce que je te commande !

Ce que je veux ? dis-tu. Je veux que ton retour 75

Te paraisse bien lent; je veux que nuit et jour

Tu m'aimes (nuit et jour, hélas ! je me tourmente ! ).

Présente au milieu d'eux, sois seule, sois absente ;

Molliter in tacito littore compositaiii : Ut solet .iinoto l;ibi custode pucUa Perfida , communes nec meminisse doos.

V. GC. Cf. Elcg. I, I. — Apollon lui-mèiiie ne trenihli'-t-il pas pour les pieds de sa maîtresse, et ne s'écrie-l-il pas quand elle l'iiil (0\i(le, Met. 1, ItOK) : Me miscrum I ne pron.i cadas, indign.ivc Urdi Crura scccut sentes ;

V. 73-80. Veis imités des adieux charmants de Tliais et de l'hédna (Térence,

r.iui. I, II, 110):

Thaïs : IMi l'Iia-diia, Kl tu, niMKHiiil vis aliud ? — l>ii i:i)iu\ : l'.jjoiie (|uid vilini /

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